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Chikungunya : 45 décès recensés à La Réunion, le virus a servi de déclencheur à des fragilités préexistantes

Ecrit par N.P. – le jeudi 11 décembre 2025 à 08H02

Selon Santé publique France, l’épidémie 2024-2025 a provoqué plus de 54 000 cas confirmés et 554 hospitalisations de plus de 24 heures. Les seniors, les nourrissons et les femmes enceintes figurent parmi les plus touchés.

Près d’un an après le pic épidémique, Santé publique France dresse un bilan détaillé du chikungunya à La Réunion. Entre l’été 2024 et le premier semestre 2025, plus de 54 500 cas biologiquement confirmés ont été recensés sur l’île, et près de 200 000 personnes ont consulté un médecin pour des symptômes évocateurs. Parmi elles, 554 ont été hospitalisées plus de 24 heures, dont 138 pour des formes sévères, et 45 sont décédées des suites de l’infection.

Lire aussi : Chikungunya : forte immunité collective à La Réunion après la vague de 2025

Les données montrent que quatre profils de patients ont concentré la majorité des hospitalisations : les bébés de moins de 6 mois, les femmes enceintes, les personnes âgées de plus de 65 ans et, plus marginalement, les autres adultes présentant des comorbidités. Chez les nourrissons, les admissions ont souvent été motivées par la prise en charge de douleurs ou de fièvres persistantes. Deux cas de transmission materno-fœtale ont été identifiés. Chez les femmes enceintes, la grande majorité des hospitalisations relevaient d’un simple suivi médical, notamment pour prévenir le risque de transmission au moment de l’accouchement.

290 hospitalisations dont 92 cas sévères

Les plus de 65 ans représentent toutefois la catégorie la plus vulnérable : 290 hospitalisations, dont 92 cas sévères, ont été recensées. Ces patients étaient, pour la plupart, porteurs de plusieurs pathologies chroniques – hypertension, diabète ou insuffisance rénale – et les formes graves se sont souvent traduites par des décompensations cardiaques ou rénales.

Sur les 45 décès attribués au chikungunya, 22 sont directement liés à l’infection et 23 indirectement. Le rapport précise que 70 % des personnes décédées présentaient au moins quatre comorbidités, souvent d’ordre cardiovasculaire ou respiratoire. L’âge médian des victimes est de 81 ans, et deux décès néonataux ont été recensés, l’un lié à une cause hémorragique, l’autre à une complication neurologique.

« Le chikungunya apparaît comme un déclencheur des fragilités préexistantes », conclut le rapport. Autrement dit, le virus n’a pas seulement provoqué des formes sévères, mais a surtout aggravé des états de santé déjà précaires, conduisant à des décès indirects plusieurs semaines après l’infection aiguë.

Malgré la fin de l’épisode épidémique, les autorités sanitaires rappellent que la vigilance reste de mise. Les moustiques vecteurs du virus continuent de circuler sur le territoire, et Santé publique France poursuit ses travaux pour affiner la compréhension des formes graves et améliorer la prévention lors de futures flambées.

Etiquettes : Chikungunya

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