Chikungunya : forte immunité collective à La Réunion après la vague de 2025

Deux Réunionnais sur trois possèdent désormais des anticorps contre le chikungunya. Selon les derniers résultats de Santé publique France, le risque d’une nouvelle épidémie d’ampleur cet été austral reste faible, même si des foyers localisés ne sont pas exclus.
Près de vingt ans après la crise sanitaire de 2005-2006, La Réunion conserve les traces d’une lutte de longue haleine contre le chikungunya. L’île a connu une nouvelle vague début 2025, avec près de 200 000 consultations en ville, 3 000 passages aux urgences et plus de 54 000 cas confirmés en laboratoire. Pour évaluer l’état immunitaire de la population après cette résurgence, l’Agence régionale de santé a sollicité une étude de séroprévalence. Les résultats, publiés cette semaine, montrent que 66 % des Réunionnais présentent aujourd’hui des anticorps contre le virus. Un taux particulièrement élevé, qui témoigne d’une immunité collective solide à l’échelle du territoire.
L’analyse met toutefois en évidence des disparités selon les arrondissements : 74 % de séroprévalence dans l’Ouest et près de 70 % dans le Sud, contre 58 % dans le Nord et environ 60 % dans l’Est. Ces écarts reflètent la circulation différenciée du virus au cours de la dernière épidémie, plus intense sur les zones littorales ouest et sud. La majorité de cette immunité est issue de la vague 2025, estimée à l’origine de près de la moitié des anticorps détectés, l’autre partie provenant de l’épidémie historique de 2006, qui avait déjà touché plus d’un tiers de la population à l’époque.
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Cette protection accrue limite désormais le risque de voir réapparaître une épidémie d’ampleur comparable. Les autorités sanitaires considèrent que la population réunionnaise a atteint un seuil d’immunité suffisant pour freiner la propagation du virus en cas de nouvelle introduction. Le scénario le plus probable reste celui d’une recrudescence saisonnière modérée, avec des cas isolés ou des foyers localisés dans certaines communes. Les équipes de lutte antivectorielle resteront mobilisées, notamment dans les zones où le moustique Aedes albopictus est particulièrement présent.
L’étude, menée entre août et novembre dans une vingtaine de laboratoires répartis sur l’ensemble de l’île, s’est appuyée sur plus de 1 500 échantillons sanguins anonymisés. Ce dispositif rapide a permis de fournir une évaluation fiable du niveau d’immunité avant la saison chaude, période propice à la reprise de la circulation virale. Les résultats serviront à ajuster les moyens dédiés à la surveillance épidémiologique, à la prévention et à la vaccination, tout en calibrant les campagnes de sensibilisation auprès des communes et des professionnels de santé.
Si cette étude n’apporte pas d’indications par âge, sexe ou commune, elle offre une photographie claire de la protection collective acquise. Après deux grandes épidémies en vingt ans, La Réunion aborde donc un nouvel été austral avec une population largement immunisée, mais toujours vigilante face à un virus qui, même affaibli, demeure endémique dans la région.


