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Madagascar : Le calme avant une nouvelle tempête ?

La journée a été calme hier dans la Grande Ile. La journée a été consacrée au recueillement, pour rendre hommage aux morts de la fusillade de samedi.
Ecrit par Pierrot Dupuy – le lundi 9 février 2009 à 07H24

Le bilan est officiellement de 28 morts et de 212 blessés. Sur place, les radios et télévisions privées estiment ce bilan très largement sous-évalué...
Les militaires de la garde présidentielle avaient tiré de sang froid, sans sommations, sur la foule désarmée des manifestants, occasionnant ce que les journaux malgaches qualifient de "carnage" ou de "bain de sang".
La fusillade de samedi est intervenue après un rassemblement sur la place du 13-Mai où Andry Rajoelina a annoncé avoir entamé une procédure de destitution du chef de l'Etat Marc Ravalomanana et avoir pris la tête d'une "Haute Autorité de transition" destinée à remplacer le pouvoir en place.
Hier, des dizaines d'habitants de la capitale se sont relayés dans les couloirs de l'hôpital universitaire à la recherche d'un proche parmi les cadavres ou les blessés. La situation était calme et l'activité quasi-normale dans la capitale, où des Tananariviens sont allés nombreux à la messe. Environ 5.000 personnes ont pris part dans le calme à un culte œcuménique dans un gymnase où étaient exposés des cercueils.
"Moi je dis à la population que leur vie, leur sang qui a coulé, on ne peut pas les laisser tomber. La lutte continue", a déclaré Andry Rajoelina, après s'être rendu au chevet de ses partisans blessés, avant d'annoncer que la journée d'aujourd'hui sera "une journée de deuil national".
Tous les Malgaches retiennent maintenant leur souffle. Que leur réserve l'avenir? Que va t-il se passer une fois le temps du recueillement passé?
Madagascar compte actuellement deux responsables: un président de la République élu mais qui a perdu toute crédibilité après avoir permis que l'on tire sur une foule désarmée, et un président de la Haute Autorité de Transition qui n'a pas la légitimité électorale mais qui bénéficie du soutien de la rue, au moins à Antananarivo.
Les Malgaches ont peur que le dénouement de cette crise ne passe par de nouvelles violences...

 

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