Sous couvert d’humanitaire, l'influenceur Dylan Thiry au cœur de plusieurs scandales à Madagascar

Ancien candidat de télé-réalité devenu influenceur "humanitaire", Dylan Thiry est aujourd’hui rattrapé par plusieurs affaires judiciaires. Jugé à Paris pour détournement de fonds liés à des cagnottes humanitaires à Madagascar, il est également visé par une enquête à Antananarivo pour tentative de traite d’enfants. Ces accusations, qu’il conteste, s’ajoutent à une série de controverses à l’étranger, du Sénégal aux Comores, où ses actions ont été critiquées pour leur manque de transparence et leur approche jugée condescendante.
L’ancien candidat de Koh-Lanta et Les Princes de l’amour Dylan Thiry est au cœur de deux affaires judiciaires. Depuis octobre 2025, il est jugé à Paris pour abus de confiance aggravé, dans le cadre du financement de son association Pour nos enfants. Créée en 2021, cette structure devait financer des puits, abris et repas pour les enfants malgaches, via des cagnottes en ligne qui ont recueilli environ 255.000 euros.
Lire aussi : "Descente aux enfers" pour Pablo, un Réunionnais de l'ex-Team Nasdas
Mais selon la Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA), seuls 69.000 euros auraient réellement servi à des actions humanitaires. Le reste aurait été dépensé à des fins personnelles : achat de deux Mercedes-Benz, loyers à Dubaï et virements sur des comptes privés. L’association a été dissoute en 2023, après la découverte de ces transferts suspects.
Devant le tribunal, Dylan Thiry nie tout détournement et affirme avoir « toujours voulu aider les enfants ». Les avocats des donateurs, eux, dénoncent une opération humanitaire fictive à but lucratif. Le procès a été renvoyé au 7 décembre 2026, le temps de nouvelles expertises financières et de l’audition de plusieurs bénévoles.
Des soupçons d’adoption illégale à Madagascar
Toujours en 2023, Dylan Thiry avait déjà défrayé la chronique pour une tentative présumée de trafic d’enfants à Madagascar. L’affaire avait éclaté après la diffusion par le rappeur Booba d’enregistrements vocaux dans lesquels l’influenceur évoquait son souhait de ramener une enfant malgache en Europe en contournant la loi, voire de proposer à un couple d’influenceurs français une « adoption » contre 100.000 euros.
Ces propos avaient conduit les autorités malgaches à ouvrir une enquête pour tentative de traite d’enfants et trafic d’adoption. Le parquet d’Antananarivo avait alors confié l’affaire au Service central des enquêtes spécialisées, avant de prononcer une interdiction d’entrée sur le territoire à l’encontre de Dylan Thiry.
L’intéressé avait reconnu la véracité des enregistrements, tout en niant toute intention criminelle : « Je ne l’ai pas fait, parce que c’était illégal, mais je voulais sauver un enfant », avait-il déclaré. En France, plusieurs élus et associations, dont le collectif Aide aux Victimes d’Influenceurs (AVI), avaient saisi la justice pour demander une coopération judiciaire entre Paris, le Luxembourg et Madagascar.
Des polémiques humanitaires à répétition
Au fil des années, Dylan Thiry a multiplié les controverses dans ses missions humanitaires à l’étranger.
En 2021, au Sénégal, il s’était rendu dans le village de Bondji Waly pour construire un puits. Mais le projet avait tourné court après une intervention du maire, qui l’avait accusé d’avoir creusé sans autorisation administrative. Les autorités locales avaient exigé l’arrêt des travaux, dénonçant une attitude « irrespectueuse des procédures ». Plusieurs ONG sénégalaises avaient alors pointé un comportement relevant du « white savior » (sauveur blanc), jugé condescendant.
En juin 2024, il avait tenté de relancer ses activités humanitaires aux Comores, où son arrivée avait provoqué un fort rejet populaire. Pris à partie par un habitant l’accusant d’être « un escroc connu pour Madagascar », Thiry avait quitté précipitamment le pays.
Enfin, il avait également été critiqué pour des vidéos tournées en Turquie après le séisme de 2023, jugées morbides et opportunistes, et pour un projet éducatif en Côte d’Ivoire dénoncé par des ONG comme « intrusif et non concerté ».


