Le Tampon : Il brûle sa fille d’un an au 3e degré en la plongeant dans un bain bouillant

Un homme de 35 ans a été jugé par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour avoir plongé sa fille d’un an dans un bain à 75 degrés, lui causant des brûlures au 3e degré et des séquelles probablement irréversibles. Il a été condamné à trois ans de prison ferme.
Il est 22h15, le 15 décembre 2023, lorsque les gendarmes et les pompiers du Tampon sont appelés car un bébé d’un an est brûlé aux fesses. À l’arrivée des gendarmes, la mère, de son côté, tient la petite fille qui hurle de douleurs et dont la peau se détache.
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Ils découvrent surtout Abdallah R., le père du bébé d’un an, en état d’ébriété et tenant des propos incohérents. Il parle de sacrifice, de cornes et de queue. De plus, il accuse la mère d’avoir brûlé l’enfant. Trois hommes alcoolisés arrivent et veulent en découdre avec Abdallah.
Selon eux, ils étaient en bas lorsqu’il aurait amené la petite fille sur la terrasse, faisant craindre qu’il la lâche, avant de l’emmener dans la salle de bain pour la laver. Il va faire couler de l’eau chaude, que les gendarmes vont mesurer à 76 degrés, et commencer à plonger la petite dedans sans vérifier la température de l’eau.
La petite sera amenée au service des grands brûlés et plongée dans un coma artificiel. Elle restera hospitalisée 20 jours et se verra prescrire 21 jours d’ITT. Surtout, les séquelles risquent d’être permanentes, et les médecins parlent d’une possible greffe à l’avenir, même si pour le moment la guérison de la petite est jugée positive.
Dénégations et magie noire
Abdallah va d’abord accuser sa femme d’avoir brûlé le nourrisson et assure que les témoins sont des menteurs, car l’un d’eux lui a demandé de l’argent juste avant. Il assure ensuite que c’est son beau-frère qui a payé les témoins. Avant de dire une autre fois que c’est lui qui a plongé la petite, car il était possédé.
Là où le procès a pris une tournure étrange, c’est lorsque l’on apprend qu’un de ses fils, au même âge et à la même période de l’année en 2017, a été brûlé par une marmite. Le prévenu a également été brûlé gravement durant l’enfance, ainsi que sa sœur. “C’est à cause de ce qui se passe au bled (à Mayotte), c’est une histoire de terrain. Ils ont enterré quelque chose dessus pour jeter un sort. Ma mère est morte à cause de ça”, explique-t-il.
“Les photos sont insoutenables. Il a essayé d’échapper à ses responsabilités en accusant la mère, puis la magie noire, pour finir par reconnaître. Il ne fait preuve d’aucune remise en question et d’aucune empathie envers sa fille”, souligne la procureure qui demande une peine de deux ans de prison, dont un an avec sursis et une obligation de soins psychiatriques.
Le tribunal va aller plus loin en le condamnant à trois ans de prison avec mandat de dépôt à effet différé, considérant qu’il a fait exprès de brûler l’enfant. À l’annonce du délibéré, le prévenu va répliquer en disant : “Mets un an, j’ai pas fait exprès.”


