Transition malgache 2011: Arrangements et dégâts collatéraux !

Andry Rajoelina redore son image à la tribune de l‘ONU,tandis que Madagascar entame bientôt sa quatrième année de crise politique..
Andry Rajoelina à l'ONU
Les medias malgaches font la une de l’intervention à latribune onusienne le 23 Septembre 2011 de "l’homme fort" et président de la HAT (Haute Autorité de Transition) Andry Rajoelina : on se rappelle en effet que l’homme avait été empêché de discours à la même tribune le 24 Septembre 2009, du fait dulobbying de la SADC.
Cette fois-ci, la HAT avait préparé le terrain en envoyantle premier ministre Camille Vital en mission préparatoire à New-York et à Paris en août dernier, officiellement pour défendre à l’ONU la demande d’extension dela souveraineté nationale sur le plateau continental (eaux territoriales) malgache.
Concernant l’entretien entre Henri de Raincourt, ministrechargé de la Coopération et le premier ministre malgache, un communiqué de source officielle française du 30 Août 2011 indique (sic) : "Ils s’entretiendront de la Feuille de Route de sortie de crise telle que
proposée par la médiation du Président Chissano et amendée par la SADC. Henri de Raincourt rappellera l’importance d’une signature rapide de ce plan de sortie de crise, préalable à l’organisation prochaine d’élections présidentielles et législatives crédiblessoutenues par la communauté internationale." No comment !
Face aux rumeurs de divergences au sein de la SADC, cettedernière envoie alors une mission de la "troïka" dirigée cette fois par Marius Franseman, vice-ministre des Affaires Etrangères sud-africain, qui annonce la programmation éventuelle d’une cérémonie de signature à Antananarivo : ladite cérémonie se tient effectivement à l’Hotel Paon d’Or d’Ivato, au bout d’une réunion-marathon jusqu’au petit matin du 17 Septembre 2011, et aprèstractations à huis clos entre la SADC et les chefs des forces armées malgaches,
opposées à un retour "sans conditions" de Marc Ravalomanana d’après l’article 20 très controversé de ladite Feuille de Route.
Tout est bien qui finit bien pour la SADC, mis à part le refus de la mouvance Ratsiraka d’apposer une "signature hâtive" en protestation àl’interdiction d’entrée de l’ancien Président toujours en exil à Paris.
Tout ceci n’entame pas la détermination d’Andry Rajoelina, bénéficiant sans doute d’un arrangement entre grandes chancelleries (USA, Union Européenne et France, Union Africaine et SADC) lui accordant un blanc–seing à New-York et à Bruxelles, pour marquer le retour de Madagascar dans le concertdes nations.
Il reste que la médiation africaine suit son cours, avecl’arrivée prochaine d’une mission de mise en place du bureau de liaison de la
SADC à Antananarivo, pour le suivi de mise en œuvre de la Feuille de Route : comme l’indiquait Marius Franseman dans son discours de clôture de la cérémonie du Paon d’Or, "c’est le début du processus, et non la fin"…
Dégâts collatéraux
Interviewé par Radio ONU, Andry Rajoelina reconnaît que "les signaux sont au rouge" dans le domaine économique et social, suite aux gels de l’aide publique extérieure: on peut citer par exemple la dégradation de tronçons de la RN7 desservant la Capitale jusqu’à Tuléar (Sud-Ouest du pays) ou la réduction drastique de la prise en charge des soins des hôpitaux publics.
Un fait divers survenu dans la journée du 22 Septembre dernier à Farafangana (ville située à 718 km d’Antananarivo, sur le littoral Sud-Est de Madagascar) illustre l’état actuel de gabegie, caractérisant notamment le système de transport terrestre malgache : un camion militaire transportant de 5 à 7 tonnes de blocsde cristal (appartenant à un opérateur chinois) et transportant en surcharge
des passagers (c’est un jour de marché et il n‘y a pas de ligne régulière de transport de voyageurs) se renverse, tuant sur place 7 passagers et 7 autres décédés à l’hôpitalde Farafangana, et occasionnant une soixantaine de blessés. Le camion venait de
Vondrozo, une zone enclavée mais riche en produits divers (culture vivrières et de rente, ressources minières…).
Ce fait divers malheureux met à jour une situation vécue quotidiennement aux quatre coins de la Grande Ile, à savoir des ressources naturelles exploitées plus ou moins illégalement avec l’appui d’autorités de proximité. La presse locale rend compte quotidiennement de cas d’expulsion "manu militari" en brousse et même en ville, du fait de personnes munies d’autorisation ou de titre en bonne et due forme, assistée des forces de l’ordre qui exécutent sansétat d’âme les destructions ou expulsions ordonnées par voie judiciaire de dizaines voire centaines de familles -les "fokonolona"- (voir à ce propos le site <terresmalgaches.info/spip.php : "pétition Halte
aux expulsions des familles malgaches et à l’accaparement des terres à Madagascar")
Dans ce contexte, les observateurs politiques prévoient une démotivation à court terme de bon nombre de citoyens malgaches: on se demande qui dans la classe politique seront les victimes collatérales des déviations actuelles de la transition, au jour J du scrutin (législatives ou présidentielle) dont la date reste toujours inconnue après la signature de la fameuse "Feuille de Route sortie de crise" ??
Ce 26 Septembre 2011 par AdyGasy-SystemD


