Aux côtés du PS et des Ecologistes, la France Insoumise participera à "Bloquons tout" en guise de tremplin vers la censure

Le mouvement citoyen « Bloquons tout », qui appelle à une journée de grève et de mobilisation le 10 septembre, prend au fil des jours une dimension politique majeure. Après les écologistes, les communistes et les socialistes, La France insoumise annonce sa participation au rendez-vous présenté comme une réponse aux choix budgétaires du gouvernement Bayrou.
Mélenchon prépare la censure
Depuis les universités d’été de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a donné le ton : « Notre stratégie est d’aider et de servir le mouvement », a-t-il lancé, appelant clairement à une grève générale et à un blocage du pays le 10 septembre. « Il faut que le 10 septembre soit un jour de blocage général, c’est-à-dire, pour ce qui concerne le salariat, que ce soit la grève générale », a-t-il invité à l'action. L’ancien candidat à la présidentielle voit dans cette journée un prélude à la motion de censure que LFI entend déposer le 23 septembre contre le gouvernement.
Les écologistes et les communistes de la partie
D’autres forces de gauche ont décidé de prendre part à la mobilisation. Les Écologistes et le Parti communiste ont officialisé leur soutien à la mobilisation, tout en mettant en garde contre toute tentative de récupération politique. Selon eux, le mouvement doit rester l’expression d’une colère citoyenne large et non pas l’instrument d’un seul parti.
Mercredi dans Libération, la chef de fil des Ecologistes, Marine Tondelier, a appelé à soutenir cette mobilisation, estimant que « l’avenir de notre pays se joue dans les mouvements d’ampleur annoncés à la rentrée » tout en refusant toute récupération. Elle invite les partis à ne pas « tout gâcher en organisant une compétition de nombre de drapeaux ou en mettant les manifestants mal à l’aise parce qu’ils auraient l’impression de marcher dans les pas de tel ou tel candidat à la présidentielle ».
Le PS rejoint les rangs avec prudence
Le Parti socialiste, par la voix de son premier secrétaire Olivier Faure, a longtemps hésité avant de se prononcer. Ce vendredi, il a finalement annoncé que le PS allait « accompagner » la mobilisation. Tout en reconnaissant les contours encore flous du mouvement, le dirigeant socialiste estime que cet évènement doit être l’occasion de donner une traduction politique aux revendications sociales. Olivier Faure assure ne pas vouloir passer à côté « d’une mobilisation forte dont chacun mesure qu’elle peut être à la hauteur de l’exaspération et du rejet du pouvoir actuel ».
Cette convergence des forces de gauche, rarement observée ces dernières années, donne un nouvel élan au mouvement « Bloquons tout ». La journée du 10 septembre sera donc une épreuve grandeur nature pour le gouvernement qui pourra évaluer la solidité de l’unité retrouvée à gauche avant de devoir convaincre à l'Assemblée nationale lors de l'examen du budget 2026.


