« Dérasiné », un clip pour raviver la mémoire des enfants de la Creuse

Le mouvement Zamkèr a achevé le tournage de « Dérasiné », chanson d’Alexandre Phileas en hommage aux enfants réunionnais envoyés de force en métropole dans les années 1960 et 1970. Un projet artistique et militant, porté par la mémoire et l’identité.
À Kazkabar, à l’Entre-Deux, clap de fin pour le tournage du clip « Dérasiné ». Cette chanson, imaginée par le musicien Alexandre Phileas, retrace l’histoire douloureuse des enfants de la Creuse, arrachés à leur île dans le cadre d’un dispositif initié par Michel Debré. Des familles nombreuses avaient alors accepté, souvent sur la foi de promesses d’un avenir meilleur, de confier leurs enfants à l’État. Beaucoup ne sont jamais revenus, ou ont grandi loin de leurs racines.
Pour Alexandre Phileas, le sujet a une résonance intime : des membres de sa propre famille ont été concernés, sans que leurs noms soient connus. Inspiré par le parcours de Jean-Philippe Jean-Marie, figure de l’association Rasinn Anler, il a composé cette chanson il y a cinq ans, avec l’idée d’un spectacle et d’un album dédié à cette histoire.
Faute de moyens, le projet avait été mis en pause jusqu’à ce que l’association Zamkèr relance la production d’un clip. Tourné dans différents lieux de l’île, le projet bénéficie du soutien de la Fédération des enfants déracinés des Drom et de la participation symbolique de Danyèl Waro, qui a accueilli l’équipe chez lui.
Pour les organisateurs, l’objectif dépasse la musique : il s’agit de sensibiliser le public, de transmettre la mémoire et de rappeler que la quête d’identité des enfants de la Creuse est encore une réalité. La sortie du clip est prévue en octobre.
(Photo et vidéo : Alexandre Robert)


