Précarité: Arèt ek sa !

Ce mercredi 7 septembre 2011, le ministre de la Fonction Publique a présenté le projet de loi concernant les personnels non-titulaires de la Fonction publique.
Ce projet de loi est censé être l'application du protocole du 31 mars 2011, mais il reste en-deçà des espérances légitimes et du protocole arraché dans les luttes et les négociations par la CGT. Non seulement, il ne résout pas le problème de la précarité mais il prévoit son extension ! Si quelques rares non-titulaires pourront enfin sortir de la précarité, des dizaines de milliers vont y rester, et ce nombre risque encore d’augmenter !
En l’état, tous les personnels des GRETA-GIP et des CFA publics seraient exclus du dispositif. C’est une exclusion totalement inadmissible.
A la Réunion, parmi les personnels contractuels enseignants, d’éducation et d’orientation, seulement 143 Cdi et 99 Cdd pourront prétendre être éligible au dispositif qui au final ne retiendra qu'une poignée d'entre eux . Le passage de CDD en CDI ne concernera, lui, que 28 agents Cdd de moins de 55 ans et 4 agents Cdd de plus de 55 ans.
Au regard de ces chiffres, nous sommes à des années lumière des engagements du ministère.
Au niveau des contractuels administratifs, techniques, sociaux et de santé (ATSS) ,nous ne disposons à ce jour d'aucune donnée chiffrée mais selon nos sources et pour employer une expression familière "ce sera peanuts de chez peanuts".
L'absence de perspectives d'un parcours de sécurisation professionnelle vaut également pour les 2100 agents non titulaires de surveillance et d'accompagnement des élèves des 1ers et 2ème degré que compte notre académie.
Paradoxalement, alors que ce projet de loi prétend jeter les bases d’une résorption progressive de la précarité, le ministère roule à tombeau ouvert sur la route de la précarité. On constate ainsi une augmentation sensible du nombre de contractuels (+13,5 % pour les contractuels enseignants en un an !).
Pour la seule année 2010/2011, en sus des contrats aidés (CUI), le ministère de l’Education Nationale a employé pas moins de 25200 enseignants, CPE et COP du 2nd degré, 83200 AED, et 14250 IATOS non titulaires.
Ca coute moins cher, ca "l’ouvre moins" et ca va dans le sens d'une lumpenisation de la fonction publique. Bref, que du bonheur pour nos ultras libéraux !
La CGTR-Educ’action considère, qu’en l’état, le projet de loi et ses applications sont inacceptables. Nous exigeons en conséquence que celui ci élargisse le champ des personnels non-titulaires concernés par la titularisation et intègre l'arrêt programmé du recours aux personnels précaires dans la Fonction publique.
Ici plus qu’ailleurs, la précarité gagne du terrain. Cette spécificité impose que des mesures adaptées soient naturellement prises sur le plan de la résorption de la précarité.
Car enfin et nous ne le répéterons jamais assez et il faut que les Réunionnaises et les réunionnais le sachent : leur académie est l’académie la plus sous dotée de France en emplois de titulaires et la plus pourvue en emplois précaires. L’Education nationale pei est devenue une sorte de méga agence d’intérim.
L’égalité de traitement à laquelle nous avons droit est foulée au pied et tous les discours creux et les larmes de crocodiles de circonstance versées par nos rouletabilles aux commandes ne doivent pas nous faire oublier cette triste réalité : notre territoire est considéré comme un sous territoire, les Réunionnaises et les Réunionnais comme des citoyens de seconde zone et ce , malgré les affichages qui n'engagent… que ceux qui y croient
Sinon comment expliquer que l’Education nationale pei soit depuis toujours la lanterne rouge des académies de France et de Navarre sur le plan de l'emploi public ? Comment expliquer que les services publics à la Réunion soient à ce point appauvris en effectifs ? Comment expliquer notre singularité en termes de taux croissance de la précarité ?
Alors on fait quoi ? On reste l’arme au pied ? Pas question
La précarité n'est pas une fatalité, la dénoncer c'est bien, la combattre c'est mieux !
"Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue", écrivait Simone de Beauvoir. La dignité est dans la lutte, elle n'est pas dans l'issue du combat , d’ailleurs les seuls combats perdus d'avance sont ceux que l'on ne mène pas.
Nou tien bo nous larg pa ! Le 29 septembre 2011, la CGTR EDUC ACTION (en association avec le SAIPER) ouvrira le débat avec les agents non titulaires et précaires de notre académie. Notre drapeau : Résistance contre la précarité et dignité !
Le secrétaire général de la CGTR EDUC 'ACTION
Patrick CORRE


