Saint-André : un agent municipal porte plainte pour "harcèlement moral"

Dominique Pitché, agent territorial à la mairie de Saint-André, a déposé plainte contre Joé Bédier pour notamment “harcèlement moral” et “ discrimination syndicale".
Agent territorial à la mairie de Saint-André affecté comme coursier à la direction générale et également représentant du personnel, élu lors du dernier scrutin du 10 avril 2024 sous la bannière de SUD-Collectivités Territoriales, Dominique Pitché indique dans un communiqué avoir signalé à la procureure des faits de “harcèlement moral et de mise à l’écart dans son travail”.
« Depuis 2021, mes conditions de travail se sont dégradées de manière continue. Mes missions ont été progressivement vidées de leur substance, jusqu’à ce que certains jours, aucune course, aucun travail ne me soit confié. Je venais au travail pour attendre sans rien faire. Cette mise à l’écart, humiliante, n’a jamais été justifiée. », décrit-il.
Il affirme que sa demande de formation, validée par le directeur général des services en 2022, est restée sans réponse. « Mes relances au DGS et au maire sont restées lettre morte. »
L’agent évoque un tournant en octobre 2022, au moment du dépôt d’une liste syndicale pour les élections professionnelles. « Le maire a déclaré de façon illégale cette liste irrecevable. J’ai dû saisir le tribunal administratif, sur invitation du DGS. J’ai obtenu gain de cause : les élections syndicales du 8 décembre 2022 ont été annulées. Mais cette victoire juridique a marqué le début d’une représaille sourde et constante à mon égard. »
Une plainte collective
Depuis son élection en avril 2024 comme représentant du personnel, il dit subir “marginalisation, surveillance et entraves à ses missions syndicales”. Il assure que les agents qu’il accompagne sont également sanctionnés. Une plainte collective a été déposée auprès du procureur et du Défenseur des droits.
Il rapporte aussi un événement survenu le 29 mars 2025 : « La police municipale de Saint-André a été envoyée à mon domicile à la Plaine des Palmistes, en dehors de tout cadre légal, alors que j’étais de retour d’une intervention d’astreinte. Cette intrusion injustifiée à mon domicile, sur ordre du maire et du DGS, m’a profondément choqué. Je suis depuis en arrêt pour accident de travail, en lien avec ces faits. J’ai pris contact avec mon avocat pour engager les suites de cette intrusion inacceptable à mon domicile. »
Il évoque aussi la situation de sa compagne, également agente territoriale et représentante du personnel : « Je suis témoin des mauvais traitements, de la violence verbale, et des humiliations publiques que subit ma compagne [...] Le maire tient à son égard des propos blessants et méprisants, y compris en conseil municipal et dans les médias, en début de mois. Il est allé jusqu’à dire publiquement en conseil [...] qu’elle relèverait du psychiatrique. »
Il indique vouloir saisir également le Défenseur des droits, « car il ne peut y avoir d’égalité réelle ni de démocratie locale là où règnent la peur, le silence et l’abus de pouvoir. » il demande à être “respecté en tant qu’agent, protégé en tant qu’élu du personnel, et considéré en tant qu’homme. »
Contactée, la mairie n’a pas souhaité répondre au communiqué mais précise entretenir de “bonnes relations” avec tous les autres syndicats.


