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Agression sexuelle dans un avion : le directeur d'école condamné à 2 ans de prison avec sursis

Ecrit par R.L, L.C – le mercredi 2 juillet 2025 à 20H43

Ce mercredi après-midi, le directeur d'école, Samy A., devait répondre des faits d'agression sexuelle sur mineur de plus de 15 ans, survenus en mai dernier, dans un vol Air France. Il a été condamné à 24 mois de prison avec sursis.

Les faits se sont déroulés lors d'une liaison aérienne entre l'Hexagone et La Réunion. Une passagère, en voyage scolaire et âgée de 15 ans, s'est plainte auprès de l'équipage d'attouchements de la part de son voisin de siège. En effet, pendant la nuit, elle se réveille avec sa main posée sur l'entrejambe de son voisin, alors que la main de ce dernier est posée sur son sein. Une accompagnante explique avoir vu la braguette du pantalon de la jeune fille ouverte.

Lire aussi : Soupçon d'agression sexuelle durant un vol : un directeur d'école interpellé

Une hôtesse explique avoir retrouvé la jeune fille en pleurs et en état de choc. L'équipage réagit, et un steward va voir Samy A., assis à côté de la jeune fille, pour lui demander si tout allait bien. L'individu répond que "oui, j'ai bu un café". Il explique avoir bu de l'alcool avant et pendant le vol, ayant pris un somnifère pour dormir. Toujours selon lui, il justifie son geste par "un rêve érotique avec sa femme", et dit avoir ressenti des sensations, en trouvant à son réveil une main sur son sexe et la sienne sur sa jeune voisine.

L'homme reconnaît les faits

Samy A. explique s'être réveillé "confus et idiot" et dit à la jeune fille avoir passé un "bon moment", tout en ignorant l'âge de la victime. Aussi, il détaille en "étant persuadé" que sa femme se trouvait à côté de lui, assurant que si un homme avait été à côté de lui, "il se serait passé la même chose".

Immédiatement, les hôtesses ont fait le nécessaire et réagissent en conséquence. En interdisant par exemple à l'agresseur présumé de descendre de l'appareil, dans l'attente des forces de l'ordre. Rapidement interpellé, Samy A., positif à l'alcool, se révèle être le directeur de l'école Martin Luther King, située à Saint-Pierre.

Après la lecture des faits à l'audience de ce mercredi 2 juillet, Samy A. reconnaît les faits à la barre. "Je me rends compte de ce que j'ai apporté à cette jeune fille : la souffrance, la colère de la famille." Il se dit "désolé", assurant que la victime "n'a pas pu inventer une chose pareille", même si lui ne se rappelle pas de ce qu'il s'est passé réellement.

Peu de souvenirs

L'homme explique qu'après avoir mangé, le reste de sa soirée demeure "flou" et que ce n'est qu'une fois que le steward vient le voir qu'il "revient à la réalité". Entendu à la barre, Samy A. explique ne pas se souvenir d'avoir dit à la victime qu'il avait passé "un bon moment", phrase qu'il réserve à sa compagne après un rapport intime en général.

Concernant son changement de version, l'homme assure avoir démenti les accusations car "il n'y croyait pas". Ce n'est qu'en garde à vue qu'il va reconnaître les faits reprochés : "Je sais qu'il s'est passé quelque chose, mais je n'ai pas le courage d'affronter".

Sur les détails de l'agression, sa mémoire lui fait défaut. Le pantalon de la victime ouvert ? Il ne s'en souvient pas, faute qu'il impute à la prise de son médicament. Samy A. explique avoir une ordonnance médicale pour sa prise et que, contrairement à la nuit où les faits se sont produits, il en consomme seulement une moitié.

Si initialement, Samy A. a changé de place pour se retrouver à côté de la victime, c'est parce que son siège attribué était occupé. Il assure que cet acte ne reflète pas sa personnalité. "Ça a été fait par moi, mais sans intention."

"Ce que vous dites n'est pas crédible", fustige la procureure. Elle met en doute sa version des faits, jugeant peu fiable qu'une personne puisse agir comme cela pendant son sommeil.

Un casier judiciaire vierge

Samy A., directeur d'école de profession, n'a pas d'anomalie, de troubles ou de dysfonctionnement d'ordre sexuel selon son expertise psychiatrique. Comme évoqué au tribunal, il n'y a pas de dangerosité, mais au regard de ses propos, cela n'entraîne pas une complète conviction. De plus, son médicament pourrait expliquer les pertes de mémoire dont Samy A. se dit victime.

Son casier judiciaire est vierge.

L'avocat de la partie civile représentant le père évoque une audience particulière, expliquant que l'auteur présumé est "complètement détaché des faits […] C'est assez violent pour la famille". Le conseil de sa mère, lui, déplore le manque de soutien de l'Éducation nationale. "C'est bien de reconnaître qu'elle ne ment pas, mais c'est du dédain lorsque vous affirmez que vous ne la reconnaîtriez même pas." Selon la robe noire, Samy A. "joue les amnésiques" quand "ça l'arrange", et argue qu'il ne devrait plus être en contact avec des mineurs, le qualifiant de "prédateur".

Le ministère public charge Samy A.

La procureure explique que Samy A. reconnaît la matérialité des faits tout en contestant l'élément intentionnel. Selon elle, le fait de confondre sa voisine avec sa compagne tout en ayant "oublié" les faits sont ambigus, arguant que l'expert ne s'est pas prononcé sur la possibilité d'une confusion érotique.

Le ministère public explique que Samy A. a une mémoire "sélective", et trouve ça incohérent que l'individu explique avoir été endormi tout le long, alors que le téléphone de la jeune fille s'est retrouvé de ses genoux jusqu'au filet à son réveil, et que l'accoudoir les séparant avant l'agression se soit retrouvé relevé après. Elle déplore que le suspect ne se soit pas interrogé sur un acte lié à une pulsion sexuelle.

Elle requiert 10 à 12 mois de prison avec sursis probatoire, l'interdiction d'exercer toute activité en lien avec des mineurs pendant cinq ans et l'inscription au fichier des délinquants sexuels.

L'avocat de la défense dit "comprendre" la colère ressentie par la victime et sa famille, mais écarte toute volonté malveillante de la part de son client. La robe noire demande à la juridiction de se fier uniquement au dossier, ajoutant que son client a été constant dans sa version depuis sa garde à vue.

Son avocat souhaite qu'il puisse continuer à exercer sa profession, et soulève une interrogation : est-ce une clause d'irresponsabilité pénale ? Selon lui, les effets indésirables du médicament sont claires : avoir des relations sexuelles sans être réveillé. En ce sens, il évoque le fait qu'un complément d'information aurait dû être fait, et invite le tribunal à regarder ce dossier sous ce prisme.

Après délibération, le tribunal condamne Samy A. à une peine de 24 mois avec sursis probatoire, l'interdiction d'exercer des activités avec mineur pour 5 ans, et l'inscription au fichier des délinquants sexuels.

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