Le Port : intervenant pour des menaces, les policiers découvrent un trafic de cocaïne

Deux jeunes Portois étaient jugés devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de trafic de stupéfiants ce lundi 16 juin. Chose assez rare pour le souligner, il s'agit de deux frères de 21 et 29 ans, le cadet ayant voulu suivre l'exemple de l'ainé.
Ils sont deux à la barre du tribunal à devoir répondre de faits de trafic de stupéfiants. L'ironie du sort, c'est qu'au départ, ce n'est pas pour cela que la police intervenait au travail de Florian L. dans une station service du Port. Le jeune homme de 29 ans, aîné de la fratrie, a eu la riche idée de menacer de mort un collègue avec une arme. Après l'interpellation s'ensuit une perquisition pour rechercher l'arme. Pas de chance, les policiers tombent sur 7,8 g de cocaïne ainsi que sur la somme de 240 euros. Le mis en cause vit chez ses parents et partage sa chambre avec son frère Mathieu qui reconnait aussi sa participation dans le business.
Les deux frères se retrouvent en garde à vue et sont jugés ce lundi dans le cadre d'une comparution immédiate. S'ils reconnaissent les faits, ils assurent qu'ils travaillent chacun de leur côté. En revanche, Florian L. avoue que c'est souvent lui qui achète pour son frère. Il indique se ravitailler au Port le plus souvent, et quelques fois à Saint-Pierre. Il avoue des achats à coup de 10 g pour 1000 euros et une revente de 70 euros le demi-gramme. Leur petit business s'étend de janvier 2024 à juin 2025, selon les "clients" entendus. "Il n'y avait pas de rentrée d'argent, rien, c'était la seule solution", justifie le plus jeune qui n'a pas de casier judiciaire. "Vous entrez par la grande porte", ironise le président pour "sa première fois devant un tribunal".
Des faits particulièrement graves dont les risques entrainent des conséquences"
Le casier de l'aîné fait, lui, état d'une mention qui date de 10 ans où il avait été incarcéré pendant près de 9 mois. Les deux frères reconnaissent un gain de 1500 euros par mois en moyenne quand l'aîné justifie "des problèmes financiers et des crédits en cours". Loin d'être convaincu, le parquet fustige "un trafic mis à jour suite à une affaire incidente de menace de mort sur son lieu de travail". La magistrate dénonce "d'importantes sommes d'argent sur lui en rapport avec un trafic de stupéfiants", et s'inquiète d'une "marchandise de plus en plus importante et de plus en plus pure". Dénonçant "des faits particulièrement graves dont les risques entrainent des conséquences", la procureure requiert 15 mois de prison dont 6 mois de sursis probatoire assortis d'un maintien en détention pour la fratrie.
"Ils ont 21 et 29 ans et sont victimes du fantasme de l'argent facile", répond la défense. Aux sous-entendus du parquet sur la connaissance du trafic par toute la famille, la robe noire estime qu"'il n'est nul besoin d'en rajouter et de faire passer celle-ci pour des vendeurs de mort, les faits étant déjà suffisamment graves". Selon la défense, "ils savent ce qu'ils ont fait et que c'est quelque chose d'extrêmement grave". La robe noire plaide "une peine moins sévère sans maintien en détention". Retenant des "faits graves qui ont duré dans le temps", le tribunal condamne les deux frères à 18 mois de prison dont 12 de sursis et prononce le maintien en détention pour la partie ferme.


