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Rapport sur les Frères musulmans : Macron veut des mesures face à une "menace pour la cohésion nationale"

Ecrit par N.P. – le jeudi 22 mai 2025 à 07H45
Photo d'illustration

Le président de la République a demandé au gouvernement de formuler d’ici début juin de nouvelles propositions à la suite de la remise d’un rapport parlementaire consacré à l’influence des Frères musulmans en France. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a promis « une meilleure organisation » de l’État face à l’islamisme. Les auteurs du rapport indiquent tirer la sonnette d'alarme au sujet des actes de la confrérie et appellent à l'apaisement du débat public sur l'islam qu'ils décrivent comme l'une des toutes premières religions françaises.

Le chef de l’État s'est exprimé après avoir pris connaissance des conclusions de la mission d’information, conduite par des hauts fonctionnaires. Le rapport a été présenté lors du conseil de défense de ce mercredi 21 mai.

L'étude met en lumière un réseau d’influence des Frères musulmans dans plusieurs sphères de la société française, notamment l’enseignement supérieur, les associations cultuelles et culturelles, ou encore certains partis politiques. Il ne pointe cependant pas une organisation hiérarchisée, mais plutôt un réseau de structures et d’individus partageant des références idéologiques communes.

Le rapport se penche sur les agissements d'une congrégation critiquée dans le monde arabe et dont les cadres en France sont vieillissants. Les auteurs du texte précisent qu'il n'y a aucune preuve de la volonté d'établir un État islamique ou de faire appliquer la charia sur le territoire français.

Dans un courrier adressé au Premier ministre François Bayrou et à plusieurs membres du gouvernement, Emmanuel Macron appelle à « tirer toutes les conséquences » du rapport, en soulignant « la gravité des faits décrits ». Il insiste sur la nécessité de proposer « des réponses adaptées, respectueuses des principes républicains et de l’État de droit ».

Des mesures annoncées

Parmi les pistes évoquées figure le renforcement des moyens de contrôle des associations, l’encadrement accru du financement étranger des cultes, ou encore la vigilance sur les structures éducatives hors contrat.

Le chef de l’État demande à l’exécutif de lui soumettre « d’ici début juin » des propositions concrètes pour « prévenir toute tentative de déstabilisation de l’ordre républicain ». Il rappelle l’importance de ne pas stigmatiser les citoyens de confession musulmane.

Les rapporteurs de la mission ont insisté, dans leur présentation, sur la nécessité de distinguer les influences idéologiques problématiques de l’exercice du culte dans le respect des lois françaises. Le rapport devrait désormais nourrir les travaux législatifs et les échanges avec les responsables associatifs et religieux dans les semaines à venir.

Un rapport critiqué

Suite à la présentation du rapport, l’association Musulmans de France a dénoncé « des amalgames, même involontaires, entre islam, islamisme politique et radicalité ».

Le fondateur de La France Insoumise a exprimé ses inquiétudes sur les réseaux sociaux et a alerté « l’islamophobie franchit un seuil. » « Un Conseil de défense autour du Président accrédite les thèses délirantes de Retailleau et de Le Pen. Ça suffit ! Vous allez détruire notre pays », lance Jean-Luc Mélenchon.

« Ce n’est pas en stigmatisant une catégorie de la population qu’on les combat, c’est en réaffirmant que nous sommes une République universaliste », a indiqué pour sa part la députée Sandrine Rousseau sur BFMTV.

L’ancien rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité, Nicolas Cadène, a lui pointé du doigt : « La méthodologie peu rigoureuse, les évidences, les amalgames, le simplisme et les paraphrases d’idées anciennes. » 

Ce que dit le rapport

L'étude assure que les Frères musulmans auraient fait de « la haine contre les Juifs » une « composante significative » de son idéologie. Selon le rapport, le port du voile pour les femmes serait un « marqueur politique » pour la congrégation.

Les hauts fonctionnaires qui ont écrit le texte affirment que les Frères musulmans allient « dissimulation », « double discours » et entrisme. Les auteurs soulignent qu'aucun document n'indique la volonté de la confrérie de faire appliquer la charia ou d'installer un État islamique en France.

Le rapport pointe plutôt du doigt un "islamisme municipal" qui "menace la cohésion nationale." Le secteur éducatif serait ciblé en priorité par la branche française de la confrérie.

Les Frères musulmans compteraient entre 400 et 1.000 personnes et auraient à leur compte 7% des lieux de culte musulmans.

Les rédacteurs rappellent que le rapport porte sur la congrégation des Frères musulmans mais ne vise pas à créer un débat autour de l'islam qui est "une religion française, très probablement l'une des toutes premières sinon la première en termes de pratique culturelle."

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