A nos patrons

Patron, c'est avec un peu d'humour, ce qui ne saurait nuire dans ce monde bien triste, que je vous adresse mon bulletin de salaire. Comme il ne vous aura pas échappé que je suis policier municipal, au grade de Brigadier Chef Principal, agent de la catégorie C, occupant le dernier échelon de mon grade, avec une ancienneté dans le métier de 32 ans, métier que j'exerce parfois de nuit, les jours fériés, les week-end y compris en exposant mon intégrité physique au service des autres.
Vous comprendrez à l'heure ou tant des nôtres sont dans la misère que je puisse ressentir un sentiment de honte, de culpabilité. Moi à qui la collectivité a offert cette chance inouïe, celle de travailler. De me faire cracher à la figure, insulter, jeter des cailloux et autres projectiles, rouer de coups et accessoirement me faire tirer comme un lapin. Ne voulant pas faire preuve d'ingratitude à votre égard je vous remercie.
Combien percevrais-je, considérant que le régime indemnitaire est une condition purement accessoire qu'il vous appartient d'attribuer ou non, de moduler à votre convenance selon vos humeurs du moment parfois sur la base de considérations bien occultes ?
Combien percevrais je à l'heure de la retraite sonnée et bien méritée après 41 ans de bons et loyaux services au service de la sécurité des autres ?
Vous dire que je suis inquiet ne serait pas fondé. Je pourrais compter sur les restaurants du coeur qui sans nul doute me viendront en aide. A moins qu'à leur tour ils ne me jettent des cailloux, m'insultent pour les avoir verbalisés !!!
En outre, mais peut-être s'agit t-il là d'un simple oublie qui devrait bien vite être réparé.
En effet au quotidien, comme un nombre chaque jour de plus plus important de mes collègues, qui assurent des dizaines de milliers d'interventions, qui en assument seuls les responsabilités, parfois au prix de la perte de leur emploi par décision de l'Etat, tout cela en lieu et place des Policiers Nationaux et des Gendarmes dépassés par l'ampleur de la tâche, bénéficiant toutefois d'autres considérations et avantages sociaux, je n'ai pas perçu le moindre cents en compensation. Mais peut importe, seul l'amour de mon métier m'anime.
Monsieur le Député je souhaite votre intervention auprès des Autorités compétentes afin que cette injustice qui me frappe ne soit plus qu'un mauvais souvenir dans ma carrière de policier au service des autres.
A moins que je ne fasse une erreur et puisse être redevable pour le travail qui m'est offert par l'administration ce dont vous voudrez bien m'excuser d'avoir l'outrecuidance de venir me plaindre.
Caressant l'espoir que cette injustice qui perdure depuis avril 1999 soit enfin réparée.
MERCI
LE BUREAU NATIONAL
DE L'USPPM


