Le Port : opération anti-stupéfiants au lycée Jean Hinglo

Une vingtaine de policiers portois, soutenus par des collègues du chef-lieu, ont mené une opération coup de poing à la pause méridienne ce vendredi. Aucun élève n’a été surpris avec des produits interdits, pour le plus grand plaisir du chef d’établissement et du préfet, Patrice Latron, également présent pour montrer l’engagement de l’Etat.
Casquette NYPD vissée sur la tête, Patrice Latron, le préfet de La Réunion, a assisté ce vendredi midi à une opération de la police nationale devant le lycée Jean Hinglo. Les fonctionnaires du commissariat du Port, assistés d’un chien policier, intervenaient dans le cadre du plan d’action départemental de restauration de la sécurité du quotidien promis par Bruno Retailleau. C’est d’ailleurs le ministre de l’Intérieur qui apparaît en première page du dossier distribué à la presse invitée à couvrir ce contrôle surprise. Aux journalistes, le très médiatique ministre, et désormais candidat à la présidence du parti LR, promet de renforcer "la présence et la visibilité de nos forces de l’ordre, pour rassurer les citoyens et dissuader les délinquants".

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"J’ai jamais vu autant de policiers devant le lycée", admet une élève dans un sourire, alors que les policiers sélectionnent des lycéens – "au hasard", comme répondra un policier à un jeune attrapé par le bras – pour passer leurs sacs ou sacoches devant la truffe du chien policier. Au total, une vingtaine d’élèves, majoritairement des garçons, seront ainsi contrôlés, et aucun produit stupéfiant ne sera découvert par les forces de l’ordre. En parallèle du bouclage de la sortie de l’établissement scolaire, les policiers ont également procédé à des contrôles routiers dans les environs. Un automobiliste sans permis et positif aux stupéfiants sera pincé par les fonctionnaires.


"C’est un établissement apaisé"
Ce déploiement en nombre des policiers s’est fait en accord avec le proviseur du lycée, Jean-Marc Spampani. "On est dans la bienveillance et la fermeté éducative, et c’est un travail du quotidien. Nous avons comme philosophie de faire des conseils de discipline à chaque infraction majeure à la loi ou au règlement. Depuis le début de l’année, nous en sommes à 21, mais avec une seule exclusion. C’était pour un cas de harcèlement, et même l’élève en cause a reconnu qu’il ne pouvait plus rester dans l’établissement. L’année dernière, nous avons déjà mené une opération similaire avec la police, et là encore, aucun élève n’avait été contrôlé avec des stupéfiants", affirme le chef d’établissement.
La fin du contrôle a cependant été un peu animée par l’interpellation musclée d’un jeune homme sans casque au guidon d’une motocross. Encerclé, il a préféré abandonner son deux-roues pour fuir à pied, avant d’être rattrapé illico presto par les policiers.

Un plan national face aux problèmes locaux
"Depuis deux mois, nous avons travaillé avec les forces de l’ordre, en lien avec les élus et les collectivités locales pour établir un plan que j’ai envoyé au ministre de l’Intérieur. En premier lieu, la lutte contre les stupéfiants va s’intensifier, avec l’arrivée d’un scanner pour la douane au port maritime ou la multiplication des actions sur la voie publique comme aujourd’hui. 500 kilos de cannabis ont été saisis en 2024, c’est deux fois plus qu’en 2023. Les saisies de cocaïne ont été multipliées par trois depuis 2022", martèle le préfet. D’ailleurs, des équipes de cyberenquêteurs ont été créées "pour mieux lutter contre les trafics sur les réseaux sociaux".
Le deuxième aspect de ce plan mis en œuvre par les autorités est bien sûr le plan anti-bandes, qui bénéficie du renfort d’un escadron de gendarmes mobiles pour sa réalisation. "Contrairement à ce que j’ai lu sur internet, ces opérations vont s’inscrire dans la durée. C’est une action déterminée et dans la durée", ajoute Patrice Latron.
En parallèle de ces opérations, la préfecture veut aussi montrer qu’elle agit après les manifestations contre "l'importation de la délinquance". Ainsi, Patrice Latron a rappelé qu’en 2024, 101 reconduites à la frontière ont été effectuées à La Réunion, contre 89 en 2023, 32 en 2022 et déjà 18 depuis le début de l’année 2025.
Parmi ces dernières, 11 concernent des ressortissants comoriens et 4 des Sri-Lankais. Le préfet de La Réunion a souligné l’augmentation de ces procédures d’éloignement et précisé que les étrangers sortant de prison sont systématiquement expulsés, avec annulation de leur titre de séjour si nécessaire.
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