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Une démocratie sans demos ni kratos

Ecrit par zinfos974 – le mardi 14 juin 2011 à 14H16

Jadis on parlait de "Barbares" pour designer des peuples non-civilisés. Or, aujourd’hui nous constatons que la barbarie n’est plus l’absence de civilisation mais civilisation sans l’Homme, sans humanité. Idem  pour ceux qui mettent en avant la démocratie, qui chantent les valeurs de la démocratie, qui veulent donner des leçons de démocratie au monde mais qui, dans leur propre pays, agissent pour faire vivre une démocratie sans démos ni kratos.

Je rappelle que l’article premier de notre constitution affirme que la France est une République… démocratique et sociale, que l’article 2 stipule que le principe de la République est : gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Je demande donc à ceux qui s’en écartent ou feignent de l’oublier, de bien vouloir à nouveau s’en référer et d’en méditer sur sa réelle signification.

Je ne prendrai que deux petits exemples : le referendum du 29 mai 2005 sur le Traité de Constitution Européenne (TCE) rejeté en masse par les Français et le traité simplifié proposé par Nicolas Sarkozy ratifié par le parlement constitue un déni de démocratie qui s’est traduit par la revanche de l’élite contre le peuple souverain, par la victoire de l’oligarchie sur la démocratie. Par ce biais, c’est passer par la fenêtre quand on ne peut plus passer par la porte et cette victoire là n’honore pas leurs auteurs !

Je suis triste de voir des parlementaires qui tiennent leur mandat des électeurs et donc du peuple se chamailler, se déchirer, s’affronter à l’assemblée nationale et à l’UMP, comme l’ont fait Laurent Wauquiez et Jean-Francois Copé pour savoir qui l’emportera dans la compétition qu’ils ont engagé sur le dos des malheureux allocataires du RSA afin de les obliger à travailler cinq ou dix heures par semaine. Ce travail obligatoire imposé aux plus démunis s’apparente au Service de Travail Obligatoire (STO)  de sinistre mémoire sous l’occupation nazie. De quel droit ces gens qui sollicitent nos suffrages et, à qui nous déléguons nos pouvoirs vont contre notre gré nous imposer de telles contraintes alors que nous sommes victimes des conséquences politiques et économiques désastreuses qu’ils prennent et qui produisent des effets aussi cruelles que néfastes que le chômage, la précarité, l’exclusion et la pauvreté. Je suis triste de voir ces "grosses têtes" qui ont fait de grandes études sortir de telles âneries au lieu d’utiliser leur intelligence pour trouver de vraies solutions aux vrais problèmes des Français et pour défendre les intérêts de cette catégorie de la population.

Nous devons être extrêmement vigilants contre ceux qui s’attaquent aux pauvres pour payer les impôts des riches, contre ceux qui livrent les plus démunis à l’appétit des nantis. Nous devons démasquer ceux qui, sur la scène internationale, font semblant de dénoncer le capitalisme brutal, implacable, amoral, déréglé et déshumanisé alors qu’en coulisse, ils font tout pour défendre et protéger les droits de l’argent, la loi du plus fort, l’imbécile compétition et la stérile concurrence.

C’est un scandale de voir nos gouvernants remettre continuellement en cause les acquis sociaux des plus démunis tout en augmentant les prélèvements obligatoires des travailleurs et de la classe moyenne alors que dans le même temps ils ne cessent de renforcer les privilèges des riches.

Je voudrais également profiter de cette occasion pour dénoncer les tentations sécuritaires des nantis afin de se protéger contre les injustices qu’ils font subir aux travailleurs, aux précaires, aux exclus, aux plus démunis de notre société. La priorité des priorités aujourd’hui doit être l’emploi, les salaires, le pouvoir d’achat. En s’attaquant comme il convient à ces problèmes, les conséquences bénéfiques se feront immédiatement sentir sur les problèmes d’insécurité, de violence, de délinquance et, par ricochet sur les problèmes de santé liés aux stress, aux inquiétudes, aux angoisses, au mal-être et au mal-vivre actuel de la population.

Nous savons tous que la véritable démocratie est indissociable à la protection des plus faibles et qu’il ne peut y avoir de sécurité sans justice sociale. Est-ce que ces députés, ces gouvernants, ces "élites" qui passent leur temps à dénigrer, à stigmatiser les plus pauvres et à les rendre responsables de tous les maux de la France ont conscience du mal et de la souffrance qu’ils leur font ? Savent-ils au moins qu’en démocratie, il n’appartient pas aux gouvernants de déterminer les libertés accordées aux citoyens mais que ce sont les citoyens qui doivent décider quels pouvoirs ils sont disposés à accorder à leurs gouvernants.

Je rappelle aux citoyens et surtout aux électeurs que la force des maîtres réside dans la faiblesse des esclaves et la force de ceux qui nous gouvernent réside dans la faiblesse des électeurs, des citoyens, du peuple. Pour conclure, je dirai que le chômage, l’exclusion, la précarité, la pauvreté parce-que les gouvernements prennent des mauvaises décisions, que ce sont ces mauvaises décisions qui génèrent des conséquences dramatiques sur ceux qui se trouvent au bas de l’échelle sociale et parce qu’ils n’ont pas la courage de reconnaitre leurs criminelles erreurs politiques et économiques. Pire, ils s’y obstinent et se contentent de rabâcher sans cesse : "il n’y a pas d’autres politique possible !"

 

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