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Un Réunionnais jugé dès lundi aux assises pour complicité dans l'assassinat de Samuel Paty

Louqmane Ingar, étudiant-infirmier originaire de Saint-Denis, comparaît à partir de ce lundi à Paris aux côtés de sept autres accusés pour son rôle présumé dans l'attentat qui a coûté la vie au professeur Samuel Paty, en octobre 2020.
Ecrit par J.D – le mercredi 30 octobre 2024 à 18H55

Ce lundi 4 novembre, la cour d'assises spéciale de Paris se penche sur une affaire qui a bouleversé la France il y a quatre ans. Un procès hors-norme qui est prévu durer jusqu'au 20 décembre.

Huit hommes, dont un Réunionnais, Louqmane Ingar, sont renvoyés devant la justice pour complicité dans l’assassinat de Samuel Paty, décapité le 16 octobre 2020 par un jeune djihadiste tchétchène, Abdoullakh Anzorov.

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L'attaque avait été déclenchée par une polémique lancée par le père d'une élève, Brahim Chnina, en réaction à la diffusion par le professeur de caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression.

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Louqmane Ingar, 18 ans au moment des faits, est accusé par le parquet national antiterroriste d’avoir échangé des contenus extrémistes avec l’assaillant. Originaire de Saint-Denis, cet étudiant-infirmier était alors installé en région parisienne. Il administrait un groupe de discussion intitulé « Étudiants en médecine » sur un réseau social, dans lequel il conversait avec le terroriste Anzorov et un autre jeune homme, Ismail Gamaiev, également mis en examen.

 

Un an en détention et placé sous contrôle judiciaire depuis 2021

 

D’après les enquêteurs, Louqmane Ingar est accusé d'avoir géré et "participé activement" au même groupe Snapchat qu'Ismaïl Gamaev, souhaitant à Anzorov « réussite » quelques jours avant l'attentat. Le Réunionnais est également soupçonné d’avoir partagé le nom de Samuel Paty sur les réseaux sociaux et d'avoir été en contact avec des membres d'une organisation djihadiste syrienne. Selon l'accusation, il projetait de quitter la France pour rejoindre l'Afghanistan ou la Syrie "au sein d'une organisation terroriste". Après une année en détention provisoire, il a été placé sous contrôle judiciaire le 10 novembre 2021. Il comparaîtra libre durant ce procès prévu jusqu’au 20 décembre.

Ce nouvel acte judiciaire s'inscrit dans une série de condamnations liées à cette attaque, six collégiens ayant déjà été reconnus coupables d’avoir aidé l’assaillant à identifier le professeur.

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Qui sont les sept autres accusés de ce procès ?

Brahim Chnina
Nationalité marocaine, âgé de 52 ans, il est le père de la collégienne à l’origine de la polémique sur les cours de Samuel Paty. Co-fondateur d’Aide-Moi, une association d’aide aux personnes à mobilité réduite pour des pèlerinages à La Mecque, il est accusé d’avoir, avec Abdelhakim Sefrioui, mené une campagne de cyberharcèlement contre l’enseignant. Il a publié des vidéos divulguant l’identité et les détails professionnels de Samuel Paty, et a eu plusieurs contacts téléphoniques avec l’assaillant Anzorov avant l’attentat. En détention provisoire depuis octobre 2020, il se présente comme une victime sans reconnaître sa responsabilité.

Abdelhakim Sefrioui
Militant islamiste franco-marocain de 65 ans, fondateur du collectif pro-Hamas Cheikh Yassine. Accusé d’avoir propagé des vidéos accusant Samuel Paty et la France d’islamophobie. Il encourt 30 ans de réclusion criminelle pour sa participation présumée à la diffusion de messages de haine ayant précédé l’assassinat de l’enseignant.

Naïm Boudaoud
Français de 22 ans, accusé de "complicité d’assassinat". Décrit comme vulnérable et influençable, il a aidé Abdoullakh Anzorov en l’accompagnant pour acheter des armes la veille et le jour de l’attentat contre Samuel Paty.

Azim Epsirkhanov
D’origine tchétchène, il est arrivé en France en 2010. Complice présumé de l’assassinat de Samuel Paty, il a aidé Anzorov à se procurer des armes. Il a reconnu avoir reçu 800 euros pour cette mission.

Yusuf Cinar
Nationalité turque, ami proche d’Anzorov et membre du groupe Snapchat "Zbrr". Incarcéré depuis octobre 2020, il a diffusé de la propagande jihadiste et des messages de soutien à Anzorov après l’attentat.

Ismaïl Gamaev
D’origine tchétchène, réfugié en France depuis 2013, il est accusé d’avoir échangé des messages à contenu jihadiste et conforté Anzorov dans son projet. Il est actuellement sous contrôle judiciaire.

Priscilla Mangel
Convertie à l’islam, elle a 36 ans. Accusée d’avoir échangé de manière discrète avec Anzorov sur Twitter et d’avoir conforté son projet d’attentat. Elle est placée sous contrôle judiciaire depuis 2021.

Etiquettes : Assises | Attentat | Justice

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