Grève à la mairie de Ste-Suzanne : "Ce sont Yolande Pausé et Alamélou qui sont visés"

"J'ai toujours dénoncé ces injustices (en parlant du recrutement d'un directeur de cabinet extérieur à la ville, ndlr)" affirme Antonio Grondin, élu de l'opposition. "Il y a un réel mépris des employés communaux, le résultat est-là", dit-il sans être réellement étonné en montrant du doigt la dizaine d'employés manifestant sous les fenêtres municipales. Il est pourtant déjà 19h et ils sont toujours là.
"Maurice Gironcel est derrière tout ça"
L'élu de l'opposition n'y va pas par quatre chemins : "Que madame le maire démissionne tout de suite! Notre commune lé en train de couler". Pour lui, de voir près de 400 employés municipaux mobilisés deux mercredis de suite est une véritable révolution. "C'est historique : des employés municipaux qui manifestent à Sainte-Suzanne ?". Du jamais vu selon les interlocuteurs rencontrés sur place.
De quoi amener quelques soupçons de manipulation derrière ce soulèvement de près de la moitié des employés de la commune. "C'est de zot plein gré" répond-t-il, intimement convaincu. "Zot i demande l'augmentation des salaires, il n'y a rien d'étonnant là-dedans".
Mais si les employés sont mobilisés comme un seul homme, Antonio Grondin y voit la signature d'un autre personnage resté jusque-là bien silencieux "Selon moi, Maurice Gironcel est derrière tout ça car pour lui madame le maire n'est qu'un maire par intérim. Un maire qui n'est pas passé par les urnes. Li montre pas sa tête mais li lé là (en parlant de M. Gironcel). Même Témoignages critique les employés en disant que ce sont des "illettrés". La preuve selon lui que l'objectif final reste la déstabilisation de l'équipe en place.
"Sainte-Suzanne : c'est la boutique du PCR"
A deux pas de là, devant ce spectacle inédit d'employés en colère, un autre personnage a sa version des faits. c'est Johnny Adékalom, président de l'association "Construisons pour Sainte-Suzanne". "Il y a pas mal de temps que je réclame la mise en place d'un bilan social qui retrace la vie municipale en matière de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Il faut par exemple une ouverture annuelle de concours en interne. Alors quand on voit quelqu'un de l'extérieur recruté par la mairie, on dit que notre combat est bel et bien de privilégier un recrutement local". Par recrutement local, le président d'association parle de personnes ayant ses intérêts dans la ville qu'il défend. "Il faut faire émerger des compétences via le CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale) et le Centre de Gestion. On s'attachera à ce que le personnel communal soit reconnu dans les années à venir" dit-il.
Pour sortir du conflit qui pourrait aujourd'hui encore paralyser l'action des services de la mairie, celui-ci se propose d'en être le médiateur. "Comment pouvez-vous concevoir qu'après 30 ans de carrière, un employé municipal ne touche que 1.200 euros ?" questionne-t-il. "Les employés municipaux, ce sont des gens qui veulent travailler mais pas servir les projets politiques de tel ou tel autre".
Derrière un tel débrayage, Johnny Adékalom nous livre sa vision. "Sainte-Suzanne : c'est la boutique du PCR", dit-il d'un ton presque amusé. "Gironcel n'a pas vocation à lâcher cette commune. Le principal visé c'est Alamélou, bien plus que Yolande Pausé".


