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[Le podcast de Pierrot] Comme disait Pasqua, les promesses n'engagent que ceux qui les croient

Actualité particulièrement atone aujourd’hui. Le calme avant la tempête, sans doute. Le nouveau Premier ministre poursuit ses rencontres avec les différents partis politiques pour constituer son gouvernement. Michel Barnier n’a apparemment pas de difficultés à trouver des candidats ministres chez ses amis de Droite. Ni chez ceux d’EPR (Ensemble pour la République, l’ancien Renaissance), puisque plusieurs ministres sortants ont déjà fait savoir qu’ils aimeraient bien rester à leurs postes. Le seul bémol pourrait venir de Gabriel Attal, le patron des députés macronistes, qui se demande s’il convient de poser des conditions à ce soutien ou si celui-ci doit être inconditionnel. L’idée de lier l’appui des députés du groupe à un engagement à ne pas remettre en cause les principales mesures des précédentes mandatures a été évoquée.
Ecrit par Pierrot Dupuy – le mardi 10 septembre 2024 à 18H55

 

 

On le voit, pas de quoi fouetter un chat. Il s’agit plus d’une menace que d’autre chose. On voit pas mal des députés centristes ajouter leurs votes à ceux du NFP pour censurer le seul Premier ministre, en l’état actuel des choses, susceptible de tenir plus que quelques jours.

À la recherche de ministres de Gauche introuvables

Non, la véritable difficulté serait plutôt à chercher du côté de la Gauche. Michel Barnier cherche désespérément depuis quelques jours à trouver une ou plusieurs personnalités socialistes qui accepteraient d’intégrer son gouvernement, histoire de le rosir un peu.

D’après nos informations, aucun de ceux qui ont été approchés n’ont accepté. D’après Politico, "Bernard Cazeneuve et Hélène Geoffroy ? C’est non. Nicolas Mayer-Rossignol, Laurence Tubiana ou Raphaël Glucksmann ? Niet également. Manuel Valls ? “Ni ouvert, ni fermé”. Le contraire eut été étonnant, concernant ce dernier.

Le NFP face au premier piège du RN : "on a un problème"

Parallèlement, on commence à entrer dans le dur de la politique politicienne du côté de l’Assemblée nationale et les différents groupes font l’apprentissage de leurs contradictions de campagne.

Par exemple, les élus du NFP sont actuellement confrontés à un cruel dilemme : quelle attitude adopter par rapport à la proposition de loi du Rassemblement national visant à abroger la réforme des retraites ? Le texte doit en effet être examiné dans l’hémicycle le 31 octobre prochain. Les élus de Gauche doivent-ils le voter ou pas ?

La logique voudrait que oui. Comment sinon, expliquer à leurs électeurs qu’ils refusent de voter l’abrogation de la réforme des retraites votée en force grâce à un 49-3 et qui avait fait descendre des centaines de milliers de Français dans la rue ? Abrogation qui figurait en bonne place dans le programme de campagne du Nouveau Front Populaire. Mais d’un autre côté, les élus du NFP ont toujours pris bien soin jusqu’à maintenant de ne jamais voter un texte déposé par le RN.

Comment se sortir de ce piège ? Hier matin, l’Insoumis Eric Coquerel en convenait sur France Info : “c’est vrai qu’on a un problème”.

Réforme des retraites : le RN abandonnerait plusieurs promesses de campagne

Les choses ne sont pas plus simples du côté du RN. Le texte définitif n’a pas encore été déposé, mais d’après les indiscrétions de Politico, il a été sérieusement envisagé de modifier un des éléments essentiels de la promesse du RN, à savoir proposer un retour à l’âge légal de départ à 62 ans et au bout de 43 annuités, plutôt que 42. Les débats ont été agités, mais finalement, Marine Le Pen a tranché. On en reste à 42 annuités, histoire de ne “pas donner une excuse à la gauche” de ne pas voter la proposition de loi. Et que le piège se referme totalement sur la Gauche.

Par contre, en l’état actuel de sa rédaction, le texte doit abandonner la progressivité des départs prônée lors de la présidentielle de 2022. Il serait aussi question d’abandonner la fin de carrière anticipée pour ceux qui auraient commencé à travailler avant leurs 20 ans, que défendait pourtant Jordan Bardella pendant la campagne des dernières législatives.

Les promesses n’engagent que ceux qui les croient, aimait à répéter Charles Pasqua.

Marine Le Pen bientôt devant la Justice avec 26 autres proches ou élus du RN

Puisqu’on parle du RN, restons-y quelques instants. Marine Le Pen et Jordan Bardella aiment à répéter que tous les autres élus sont des pourris mais qu’au RN, on a les fesses propres, passez-moi l’expression.

Ce n’est plus tout à fait vrai aujourd’hui, à la suite de la mise en cause, et de la condamnation, de nombres d’élus du Rassemblement national. Et pour ceux qui en douteraient encore, il suffit de se remémorer la multitude de casseroles des candidats du parti d’extrême droite qui étaient remontées à la surface lors des dernières législatives.

On pourrait y ajouter aussi le prochain procès, à la fin du mois, de Marine Le Pen et d’une brochette d’élus du RN pour détournement de fonds européens. Ils ne seront pas moins de 27 sur le banc des accusés. Rappelons que le Parlement européen, partie civile, avait évalué en 2018 son préjudice à 6,8 millions d’euros pour les années 2009 à 2017.

De fausses preuves pour dédouaner Jordan Bardella

Jordan Bardella, actuel président actuel du parti, ne figure pas parmi les accusés et n’a jamais été convoqué par la justice.

Pourtant, il apparaît dans un organigramme de février 2015, ce qui a poussé le Parlement européen à saisir la justice, révèle Libération dans une enquête. Il y est mentionné comme "chargé de mission" auprès du vice-président du FN de l’époque, Florian Philippot, alors qu’il était officiellement assistant parlementaire de l’eurodéputé Jean-François Jalkh, fonction qu’il n’a apparemment jamais exercée, mais pour laquelle il a perçu un salaire de 1.200 euros par mois.

Pour contrecarrer ces accusations, la direction du FN aurait alors demandé notamment à un ancien stagiaire de créer "des faux dossiers pour des assistants qui n’ont jamais travaillé pour le Parlement européen", selon des révélations faites par ce dernier. Parmi eux, Jordan Bardella, dont le dossier de preuves factices aurait inclu une revue de presse régionale et un agenda antidatés correspondant à sa période d’emploi au Parlement européen.

Interrogé par Libération, Jordan Bardella a nié les faits et menacé de porter plainte pour diffamation si ces informations étaient révélées.

Une élue du RN paye son abonnement à un site de rencontre avec ses frais de mandat

Pourquoi je vous parle de tout ça ? Parce que Médiapart a révélé aujourd’hui une nouvelle affaire concernant une élue du RN, en l’occurrence la députée Christine Engrand.

Cette dernière a utilisé l’enveloppe attribuée à tous les parlementaires pour financer leurs frais d’élu à des fins tout à fait personnelles : le gardiennage de ses nombreux animaux (des poules, des canards, un paon, un chat ainsi que ses deux chiens). Mais aussi, de façon beaucoup plus surprenante, son inscription sur un site de rencontre…

Selon Médiapart, le RN lui a renouvelé sa confiance après la dissolution, malgré des alertes internes.

Qui a dit : "Faites ce que je dis, pas ce que je fais" ?

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