Accusé de viol et d'agression sexuelle : Hosman Gangate retrouve la liberté

Le 30 juillet dernier, la détention provisoire d'Hosman Gangate était prolongée pour une durée d'un an par le juge des libertés et de la détention de St-Pierre. Le directeur technique de la Ligue Réunionnaise de football accusé de viol par quatre de ces anciennes compagnes est incarcéré depuis février 2023, soit 565 jours ont précisé à dessein les avocats du mis en cause qui a fait appel de cette décision. En décembre 2023, ces derniers avaient déjà plaidé la remise en liberté de leur client au motif notamment "qu'il n'y avait pas eu de nouvelles plaintes" depuis le début de l'instruction de cette affaire.
Cependant, le 6 juin dernier, sur réquisitoire supplétif, de nouveaux faits étaient visés après la plainte déposée par une nouvelle jeune femme indiquant avoir été violée par l'intéressé alors qu'elle avait 16 ans. Des faits présumés qui se seraient déroulés entre janvier 1990 et décembre 1992. La plaignante indique qu'à l'époque, Hosman Gangate était son petit ami. Elle raconte avoir reçu des claques avant d'être forcée à un rapport sexuel qu'elle venait de lui refuser. "Des faits prescrits", assure la défense, vent debout hier devant la chambre de l'instruction ce mardi.
Un jaloux maladif, alcoolique, violent, obsédé par le sexe, selon les victimes présumées
Cette nouvelle histoire, même si elle n'alourdit pas les chefs d'accusation, fait écho à ce qu'ont raconté les quatre autres victimes présumées, dont deux n'ont pas souhaité se porter partie civile. Elles décrivent un jaloux maladif, alcoolique, violent, obsédé par le sexe, pratiquant du harcèlement post rupture. Son ancienne épouse évoque une cinquantaine de SMS par jour au moment de leur divorce, des violences physiques et morales, des insultes, des humiliations confirmées par un de leur fils qui décrit "des pétages de câbles alcoolisés".
Depuis sa dernière demande de remise en liberté, l'enquête a avancé. Des confrontations ont eu lieu entre le conseiller technique et les plaignantes. Ce dernier conteste les violences physiques et psychiques reprochées. Du côté de la défense, Me Gabriel Odier présente un homme "intelligent portant un œil critique sur cette affaire" qui suit des séances de thérapies pour convaincre les magistrats de le laisser sortir. L'accusation oppose des craintes de réitération des faits au vu de la personnalité de l'accusé ainsi que des risques de pression. Hosman Gangate, examiné par des experts, serait resté sur un angle défensif lors de son examen psychiatrique qui décrit un homme pervers, dominateur, qui n'a ni remord ni regret et pointe une dangerosité criminologique.
Ce mercredi, les juges de la rue Juliette Dodu ont placé Hosman Gangate sous contrôle judiciaire. "Gérard Depardieu, PPDA ne sont pas écroués alors que de nombreuses plaintes similaires à celles qui concernent notre client ont été déposées", a fait remarquer Me Morgan Pouly en défense pour convaincre la cour. Des arguments qui ont vraisemblablement fait mouche.


