Pierrot Dupuy - Le gouvernement pourrait n'être nommé qu'après la fin des Jeux paralympiques

Je vous retrouve en ce début de semaine pour ce qui devrait être mon dernier podcast avant une dizaine de jours. Je serai en effet absent du département. Et exceptionnellement aujourd’hui, pour ces raisons, vous n’aurez que la version écrite, sans l’enregistrement audio.
Le dernière provocation de Jean-Luc Mélenchon
C’est la rentrée politique en France et Jean-Luc Mélenchon a tenu, à sa façon, à marquer l’événement. Dans une de ces provocations dont il a le secret, il a signé hier avec Manuel Bompard et Mathilde Panot une tribune dans laquelle il menace le président de la République de destitution s’il ne nomme pas sans délai Lucie Castets à Matignon.
Le coup était surtout médiatique, nous verrons pourquoi. Mais il a fait un flop monstrueux, effacé des "une" des journaux par l’annonce du décès d’Alain Delon qui a monopolisé les réactions des journalistes. Du coup, ce qui devait être une bombe atomique dans l’esprit du leader de La France Insoumise s’est en fait révélé être un tout petit pétard mouillé. Pas de chance !
Ce coup d’éclat tombe d’autant plus mal que le président de la République s’est enfin décidé à bouger et qu’il a annoncé en fin de semaine dernière qu’il allait recevoir vendredi prochain l’ensemble des responsables politiques à l’Élysée et qu’il nommerait dans la foulée le futur Premier ministre.
Une initiative qui tombe complètement à côté de la plaque, donc. Mais nous aurons l’occasion d’y revenir un peu plus loin.
Restons un instant sur cette nomination tant attendue du futur Premier ministre.
Le gouvernement pourrait n’être nommé qu’après la fin des Jeux paralympiques
Normalement, qui dit nomination d’un Premier ministre dit, dans la foulée, quelques jours plus tard, la désignation de son gouvernement.
Il sera dit qu’en 2024, rien ne se fera comme avant. La rumeur qui court à Paris dans les milieux dits "bien informés" est que la nomination des ministres pourrait n’intervenir que dans deux ou trois semaines, probablement après la fin des Jeux paralympiques, soit après le dimanche 8 septembre.
Si trouver le candidat idéal pour Matignon a été d’une particulière difficulté, trouver un équilibre au sein du gouvernement entre les différents courants qui le composeront sera une tache encore plus ardue. Le but étant de rallier le maximum de partis politiques qui soit le soutiendront en participant directement au gouvernement, soit accepteraient de ne pas voter de motion de censure pour le faire tomber, en échange du vote de quelques lois auxquelles ils tiendraient particulièrement.
Jean-Luc Mélenchon seul contre tous, même à gauche
Revenons maintenant sur cette demande incongrue de Jean-Luc Mélenchon. Dans un post sur son blog, publié hier et intitulé "Dernier avertissement au capitaine du Titanic", le leader de LFI se moque du "déchainement des porte-voix macronistes contre (son) initiative". Il fait mine d’oublier les réactions très négatives du PS, des Verts et du PCF.
Mais c’est au sein du PS que les réactions ont été les plus violentes. Rappelons pour mémoire que le premier secrétaire Olivier Faure ne représente que la moitié des adhérents du parti et que son élection avait été émaillée à l’époque de sombres accusations de fraudes électorales. C’est dire que la voix des opposants est à prendre en compte. Or, leurs deux leaders sont vent debout contre la dernière proposition de Jean-Luc Mélenchon. Avec des nuances.
Comme le relate Politico, Faure a dans un premier temps publié une réaction assez timide sur "X". Mais après s’être fait prendre à parti par ses opposants, il a publié un deuxième tweet, deux heures après le premier, dans lequel il dénonce plus clairement une tribune qui “n’engage que” LFI.
"Malgré cette prise de position plus ferme", nous révèle Politico, "les opposants internes à la direction n’ont pas tardé à appeler une énième fois à une rupture claire avec La France insoumise".
"Hélène Geoffroy, cheffe d’un des deux courants minoritaires, allait plus loin : contactée hier, elle plaidait pour que les dirigeants socialistes ne se rendent pas aux côtés de LFI rencontrer Emmanuel Macron vendredi : 'Si les Insoumis n’abandonnent pas cette idée, on ne peut pas aller ensemble à l’Élysée voir un président dont ils demandent la destitution', tranchait-elle" selon Politico.
Ce n’est pas l’avis de Patrick Kanner, un autre leader d’opposition interne au PS. Même s’il ne décolérait pas contre la tribune, “une incongruité sur le plan constitutionnel et politique”, “un prurit estival de Jean-Luc Mélenchon”, le président du groupe socialiste au Sénat, invité à l’Élysée vendredi, continue de défendre une arrivée en bloc des représentants du NFP au 55, rue du Faubourg Saint-Honoré. La raison ? La présence de Lucie Castets, qui ne dirige ni parti ni groupe parlementaire, n’a été acceptée par l’Élysée que parce que les partis de gauche ont consenti à venir ensemble. Y aller divisés 'plomberait la présence de Castets', justifiait Kanner", toujours selon Politico.
La réaction de Jérôme Guedj est du même tonneau : "Ou comment rendre service au Président avec une menace constitutionnellement et politiquement impraticable, qui divise légitimement la gauche (à nouveau mise devant le fait accompli). Une démarche solitaire, vouée délibérément à l’échec et peu crédible : bref du Mélenchon pur jus".
Une destitution qui n’a aucune chance d’aboutir
On comprend d’autant moins la proposition de Jean-Luc Mélenchon que sa proposition de destitution du président de la République n’a aucune chance d’aboutir. Selon l’article 68 de la Constitution, pour destituer le président, il faut une majorité des 2/3 des 2 chambres, puis 2/3 du Parlement constitué en Haute Cour. LFI, c’est 71 députés ! Il ne manquerait donc que 600 voix (sur 925) pour que la proposition ait une chance de passer !
La position de Jean-Luc Mélenchon est encore plus risible quand on se souvient qu’en 2022, avec son camp politique, il n’a pas arrêté de nous casser les pieds, à hurler que la majorité relative du Président de la République, avec ses 250 députés, n'était pas légitime. Et là, avec 190 députés, il exige que le président nomme la Première ministre qu’il a choisie !
Jean-Luc Mélenchon, le meilleur allié objectif de Marine Le Pen
Cette proposition, on l’a vu, n’a aucune chance d’aboutir. Pourquoi la formuler alors ?
Certains y voient une tentative, maladroite, de casser l’unité patriotique et la paix sociale qui prévalaient depuis les Jeux olympiques. Son véritable objectif serait donc d’instaurer le chaos dans le pays, d’alimenter les conflits entre citoyens, de fracturer la société et d’instrumentaliser l’extrême droite pour aboutir à son ambition ultime : une démission du président de la République. Ce qui entrainerait une nouvelle élection, à laquelle il sera, une nouvelle fois, candidat. Avec, toujours dans ses rêves les plus fous, un deuxième tour face à Marine Le Pen, seul cas de figure où il pense pouvoir l’emporter. Mais ce qu’il n’a pas compris, c’est qu’il sera une nouvelle fois battu. Tous les sondages le montrent de manière extrêmement claire : les Français, dans le cas d’un choix entre Mélenchon et Le Pen, voteraient à une écrasante majorité pour la leader d’extrême droite.
En agissant de la sorte, Jean-Luc Mélenchon est donc le meilleur atout de Marine Le Pen pour accéder au pouvoir.
Reste maintenant une question que je pose régulièrement : jusqu’à quand le PS et les autres partis du NFP vont accepter de suivre les délires du leader de La France Insoumise ?
Les amis de Jean-Luc Mélenchon
Pour mémoire, le même Jean-Luc Mélenchon avait souhaité dans son programme que la France adhère à l’Alba, l’Alliance bolivarienne pour les peuples de l’Amérique. Même si Éric Coquerel, interrogé sur le sujet au micro d’Europe 1, a essayé de le nier, cette proposition figure bel et bien page 75 de l'Avenir en commun, dans le chapitre sur les outre-mer : "Rejoindre les coopérations régionales dans une démarche de codéveloppement écologique, social et de progrès humain : par exemple l'Alba (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique) pour les Antilles et la Guyane française, l'Afrique australe pour Mayotte et la Réunion, etc". Le chapitre 62, "Construire des coopérations altermondialistes et internationalistes", était encore plus clair. Il y était écrit qu'il fallait "instaurer une politique de codéveloppement avec l'Amérique latine et les Caraïbes en adhérant à l'Alba (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique)" (page 183), comme le révèle Libération dans un "Désintox".
Or, qui sont les autres membres de l’Alba ? On y trouve les présidents de Cuba, de Syrie, du Nicaragua, d’Haïti, d’Iran… Rien que des démocrates notoires !
Et si on avait encore un doute, il faut savoir que l'Alba continue de soutenir sans nuance le régime de Nicolas Maduro au moment où il est reconnu par l’ensemble des pays, à part la Russie, la Chine et l’Iran, que ce dernier a effrontément fraudé aux dernières élections, se déclarant vainqueur avec 51% des suffrages alors que l’élection avait été remportée par son adversaire d’opposition avec plus de 63%. Le 8 août dernier encore, alors que l'ONU condamnait « l'usage excessif de la force à l'encontre des manifestants », l’Alba rappelait son soutien au régime de Maduro.
Je ne veux pas vous quitter, d’autant qu’on ne se reverra pas avant quelques jours, sans vous apporter trois dernières informations que j’estime importantes.
Trump agent du KGB ?
Un général du KGB, Oleg Kalugin, affirme que les Russes auraient piégé Trump avec des prostituées et qu’ils auraient sauté sur l’occasion pour le faire chanter. Il précise que Trump a facilement accepté de collaborer avec les Russes pour devenir leur agent. Moi qui vous disais dans un précédent podcast que je pensais que Donald Trump était un agent du KGB, me voilà conforté dans ma prémonition…
Quand des "humoristes" se comportent comme des rats d’égouts
A moins que vous ne vous réveilliez d’un profond sommeil de trois jours, vous ne pouvez ignorer le décès d’Alain Delon à l’âge de 88 ans. Son corps n’était pas encore refroidi que le prétendu humoriste Guillaume Meurice s’est fendu d’un tweet immonde pour rappeler ses amitiés anciennes avec Jean-Marie Le Pen. Une sorte de camaraderie d’arme, venue du fait qu’ils avaient tous les deux participé à la guerre d’Indochine.
Et en oubliant au passage que l’acteur avait fini par prendre ses distances et n’avait jamais renié son admiration pour le général de Gaulle et son attachement aux leaders des différents partis de droite. Sans doute ce qui faisait se hérisser les poils sur les bras de Guillaume Meurice, qui ne cache pas ses idées d’extrême gauche.
Je vous livre ce tweet que j’ai trouvé sur "X" et auquel j’adhère totalement : "Désormais, lors du décès de chaque personnalité, quelques rats démunis d’empathie sortent des égouts pour cracher sur son cadavre encore chaud, en dépit du respect minimum dû aux morts que notre commune humanité impose. Vous êtes à vomir. Je pense notamment à toi Guillaume Meurice".
Le Hamas est une organisation terroriste mais certains juifs ne valent pas mieux qu’eux
Enfin, autre tweet que j’aimerais partager avec vous : "On ne peut pas à la fois être révulsé par les crimes du Hamas et ne pas l'être par les horreurs commises par des colons israéliens le soir du 15 août dans le village palestinien de Jit. Le terrorisme juif est aussi abject que les autres. Et on ne peut pas dénoncer l’influence des discours antisémites sur les tueurs qui passent à l’acte, sans dénoncer avec la même force l’influence des discours extrémistes sur les fanatiques qui, pour se détendre, vont casser de l’arabe dans le village voisin".
Ça méritait d’être dit.
On se retrouve normalement le jeudi 29 août.


