[Le podcast de Pierrot] Pas de bol pour Maduro : le système électoral vénézuélien est infraudable

J’ai évoqué hier la fraude électorale massive opérée par Nicolas Maduro à l’occasion des dernières élections présidentielles au Venezuela.
A part la Russie, la Chine et l’Iran, tous les pays semblent être convaincus de la fraude. Hier, l'Union européenne a accentué la pression sur le président vénézuélien, estimant que, "faute de preuve", sa victoire ne pouvait être "reconnue". Les États-Unis et plusieurs autres pays de l’Union européenne sont eux allés encore plus loin puisqu’ils ont formellement reconnu la victoire du candidat de l’opposition Edmundo Gonzalez Urrutia.
Et tous ces pays réclament comme preuve la publication des procès-verbaux rédigés dans chaque bureau de vote.
Je ne sais pas pour vous, mais je me suis immédiatement demandé pourquoi ils réclament ces documents comme preuve irréfutable ? Pour un régime comme celui de Nicolas Maduro, prêt à tout, y compris à faire tirer par son armée sur ceux qui osent manifester contre lui, il n’y a a priori rien de plus simple que de falsifier un procès-verbal.
Et bien, figurez-vous que non.
J’ai trouvé l’explication dans un très bon article publié hier dans Le Figaro et intitulé « Venezuela, pourquoi la fraude électorale de Maduro est incontestable ».
On y apprend que le Venezuela bénéficie d’un système de vote impossible à frauder. Là-bas, "les élections se font de manière digitale, avec des machines qui transmettent le résultat au Centre national électoral (CNE). C’est un système complexe qui est impossible à frauder, car il présente trois étapes de décomptage qui doivent coïncider. D’abord, l’électeur prouve son identité grâce à un système biométrique".
Ensuite, poursuit Le Figaro, "il enregistre son choix sur la machine et celle-ci l’imprime sous la forme d’un bulletin de vote qu’il introduira dans l’urne. La machine envoie électroniquement les résultats du bureau de vote, à intervalles réguliers, au CNE. À la fin de la journée, chaque machine de vote imprime un procès-verbal (« acta », en espagnol) de l’information envoyée au CNE, qui est contrôlé et signé par les témoins des partis présents dans le bureau de vote".
De cette manière, explique le journal, "chaque acta doit coïncider avec les résultats des machines publiés par le CNE. Dans un troisième temps, les actas imprimés sont comparés aux bulletins introduits dans les urnes".
L’opposition a pu récupérer à peu près 80% des actas, les procès-verbaux imprimés par les machines, qu’elle a publiées sur un site internet, immédiatement interdit au Venezuela par le gouvernement. Documents qui prouveraient que son candidat aurait remporté l’élection avec 67% des suffrages.
Le CNE, l’organisme gouvernemental en charge du contrôle des élections, disposait pour sa part de 48 heures d’après la loi, pour les publier. Ce qu’il s’est bien gardé de faire, se contentant de déclarer, le 29 juillet à minuit trente, que Nicolas Maduro avait emporté l’élection avec 52% des suffrages. Sans aucune autre explication.
Et pour conclure en beauté cette séquence digne des meilleurs sketchs, les chiffres publiés par le CNE totalisaient 109%. Même pas fichus de vérifier leurs chiffres et de faire une addition. C’est dire le niveau de ses membres. À moins que ce ne soit un signe de l’affolement qui saisit le régime, devant l’ampleur des manifestations de rues et de la réprobation internationale.
Nicolas Maduro pensait pourtant avoir fait ce qu’il fallait pour l’emporter. Il avait commencé par déclarer inéligible María Corina Machado, la candidate que l’opposition s’était choisie et qui présentait l’immense défaut d’être très populaire dans le pays. Puis, il y avait eu des menaces multiples et des sanctions à l’encontre de tous ceux qui déclaraient leur soutien à l’opposition, avec à la clé l’emprisonnement des dirigeants de l’opposition et des personnalités défavorables au régime.
Le Figaro raconte que malgré tout cela, malgré la fermeture des hôtels et restaurants coupables d’avoir accueilli les partisans de Machado et de Gonzalez, malgré les attaques directes contre ses dirigeants et les insultes proférées contre elle depuis les médias contrôlés par l’État, l’opposition a malgré tout réussi à obtenir deux tiers des voix le 28 juillet.
Depuis, Nicolas Maduro ne décolère pas contre les deux leaders de l'opposition qui ont appelé l'armée, pilier du pouvoir, à se ranger "du côté du peuple et de leurs propres familles" et il a demandé au parquet d’ouvrir une enquête criminelle contre les deux leaders, notamment pour "usurpation de fonctions, diffusion de fausses informations, incitation à la désobéissance aux lois, incitation à l'insurrection, association de malfaiteurs". Selon le parquet, ils "annoncent un faux vainqueur de l'élection présidentielle (....) incitent ouvertement les fonctionnaires de police et les militaires à désobéir".
Au surlendemain du scrutin, le ministre de la Défense avait réaffirmé au nom de l'armée "notre loyauté la plus absolue et notre soutien inconditionnel au citoyen Nicolas Maduro Moros (...) notre commandant en chef légitimement réélu par le pouvoir populaire", précisant que l'armée agira "avec force" pour "préserver l'ordre intérieur".
Depuis, les deux leaders de l’opposition se cachent, de peur d’être arrêtés.
Les troubles qui ont suivi la proclamation de la victoire de Nicolas Maduro ont fait 11 morts parmi les civils, selon les organisations de défense des droits humains. Le président vénézuélien a de son côté annoncé la mort de deux membres de la garde nationale et l'arrestation de plus de 2.000 personnes, promettant de poursuivre la répression contre ce qu'il qualifie de tentative de "coup d'État impérialiste". Dans le même temps, il explique le retard dans la publication des procès-verbaux par le CNE par un piratage informatique d'ampleur orchestré bien évidemment par les États-Unis. C'est vraiment prendre les gens pour des imbéciles !
Pour mémoire, c’est le régime de Nicolas Maduro que Jean-Luc Mélenchon présentait comme un modèle de démocratie, modèle qu’il se promettait d’appliquer en France s’il accédait au pouvoir…


