Olivier Faure (PS) se dit "prêt à assumer" la fonction de premier ministre

"Rien ne sert de courir, il faut partir à point". Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, a manifestement décidé d'en faire sa maxime. Alors que Jean-Luc Mélenchon avait annoncé depuis belle lurette qu'il se verrait bien installé à Matignon, Olivier Faure a attendu aujourd'hui pour annoncer sa candidature, soutenu par plusieurs déclarations de ténors du PS. Un véritable tir de barrage. Pas de réaction pour le moment du côté de LFI.
"Il ne peut pas y avoir une prétention à l’hégémonie, une volonté de s’imposer aux autres, sans aucun dialogue", a expliqué Olivier Faure, soulignant que le Nouveau Front populaire "ne fonctionnera qu’à une condition : qu’il sache fonctionner au consensus".
Concernant le calendrier de cette nomination, Olivier Faure a déclaré qu’il s’agissait d’une "question de jours". "Nous ne sommes pas pressés, le chef de l’État est à Washington, il est dans une volonté de ne pas aller plus vite que la musique", a-t-il détaillé, précisant qu’il serait « sain que nous puissions ne pas laisser un vide s’installer ».
Les forces de gauche pensent pouvoir gouverner seules malgré leur absence de majorité absolue et tentent de peser pour que le président Emmanuel Macron désigne un responsable du Nouveau Front populaire comme Premier ministre.
Parallèlement, le secrétaire général du Parti socialiste (PS) et eurodéputé Pierre Jouvet a affirmé de son côté mardi à l’Agence France-Presse que "le seul profil qui peut rassurer et être Premier ministre" est celui d’Olivier Faure. Pierre Jouvet, qui participe aux discussions pour nommer un éventuel Premier ministre, estime qu’il faut "un profil qui apaise, qui a l’expérience du Parlement, qui tiendra le programme du Nouveau Front populaire, et qui sera respecté par les autres forces de l’alliance". Il appelle aussi à un processus démocratique pour désigner le potentiel Premier ministre, avec "un vote des parlementaires du Nouveau Front populaire". Pierre Jouvet rappelle que le Parti socialiste est au sein de l'alliance de gauche "le groupe qui a le plus progressé", en faisant plus que doubler son nombre de députés et qui "a attiré le plus grand nombre de voix", avec 2,7 millions d'électeurs qui ont voté pour leurs candidats, contre 2,5 pour La France insoumise, même s'ils avaient plus de candidats, selon le secrétaire général.
"Je pense qu’il faut un socialiste pour gouverner ce pays, parce qu’il n’y a qu’un socialiste, dans cette situation, qui puisse apaiser [la France], qui puisse parler à tout le monde", a défendu de son côté le maire socialiste de Marseille, Benoît Payan, sur Franceinfo, réfutant que ce soit un “Insoumis” qui soit, par principe, nommé à la tête d’un gouvernement formé par le Nouveau Front populaire.
Le sénateur écologiste de Paris, Yannick Jadot, a également pris la parole, déclarant sur TF1 : "Laissez-nous plusieurs jours" pour former une coalition. Il a ajouté que "Jean-Luc Mélenchon, [qui] n’est pas le leader du Nouveau Front populaire, n’en sera pas le Premier ministre".
Les "Insoumis" de leur côté poussent pour que le Premier ministre vienne de leur camp, évoquant notamment les noms de Jean-Luc Mélenchon ou de la députée Clémence Guetté.
Mathilde Panot, ex-chef de file des députés LFI, a affirmé que "la tradition républicaine veut que ce soit le plus gros groupe" qui propose le nom du chef du gouvernement, alors que LFI devrait compter quelques députés de plus que le PS, mais est minoritaire au sein du groupe si on prend en compte les députés des Verts et du PCF.
Un gouvernement de Gauche, s’il venait à être nommé, pourrait par ailleurs faire l’objet d’une motion de censure. Plusieurs députés de l’aile droite du camp présidentiel menacent en effet d’en voter une si le futur gouvernement comprend des députés issus de La France insoumise (LFI).


