[Le podcast de Pierrot] Les riches paieront... Êtes-vous riche ?

Pour être élu, quand on est dans l’opposition, on promet tout, même la lune. Augmentation du SMIC et de tous les salaires, diminution des impôts et notamment de la TVA sur l’énergie, la retraite à 60 ou 62 ans selon les cas, mais tout cela aurait un coût. Qui se chiffrerait en dizaine, voire en centaines de milliards. 200 à 300 selon certaines estimations d’économistes pour le programme de LFI par exemple. Et celui du RN n’est pas loin derrière.
On peut cependant « avoir des doutes sur la faisabilité de certaines mesures », selon l’institut Montaigne. La hausse du SMIC de 10 % par exemple, annoncée par la gauche, demanderait un décret signé par Emmanuel Macron. Autant dire qu’elle a peu de chances d’aboutir.
En ce qui concerne la baisse de la TVA sur les produits énergétiques promise par le RN, pour le gaz et l'électricité, il faudrait l'accord de Bruxelles. Pour le carburant, il faudrait carrément renégocier la directive européenne sur les taux de TVA, sauf à le faire en étant hors la loi, nous explique le journal Les Echos. « Vu le bras de fer que compte engager le RN au niveau européen - en rognant notamment sur la contribution française au budget européen - on voit mal les Etats membres faire bon accueil à une telle tentative », nous dit le journal.
Question coût, la facture promet cependant d'être lourde ! Pour le Rassemblement national, sa mesure sur la TVA pourrait se chiffrer à plus de 11 milliards d'euros selon l'Institut Montaigne, tandis que le coût de l'exonération de cotisations patronales sur les hausses de salaires de 10 % se monterait à 800 millions en 2025 et grimperait ensuite à 4,8 milliards en 2027.
Au sein du Nouveau Font populaire, on promet une hausse de 10 % du SMIC dont le coût est estimé à 3,5 milliards, tandis que le blocage des prix de première nécessité - et en premier lieu l'énergie – entrainerait une dépense supplémentaire de 24 milliards d'euros.
Si d’aventure, le parti vainqueur des élections se mettait en tête de tenir ses promesses de campagne, il ne lui resterait plus comme option qu’à trouver des gens pour payer.
Comment les financer, en effet ? Sur ce point, les partis, tous les partis sont beaucoup plus discrets. Tout juste apprend-on qu’on « fera payer les riches ». Beau programme auquel on ne peut qu’adhérer. Sauf qu’immédiatement se pose la question : à partir de quand est-on riche ? Selon l’Observatoire des inégalités, une personne peut être considérée comme riche en France à partir du moment où elle gagne au moins 3 860 euros nets mensuels après impôts. Soit environ 3 fois le SMIC. Pour un couple sans enfant, il doit être rémunéré à hauteur de 5 790 euros nets par mois. A ce compte, j’en connais pas mal qui ignoraient qu’ils étaient riches…
Et de toutes les façons, même en faisant payer les riches, comme ils disent, ça ne rapportera jamais les centaines de milliards dont on aura besoin. C’est alors qu’après les « très riches », on viendra s’en prendre aux « riches », puis aux « un peu riches », jusqu’à finir par taxer même les « pas riches du tout ».
A méditer au moment où vous coulerez un bulletin dans l’urne…


