Croix Marine : « 1.500 personnes se voient depuis le 28 mai privées de tout subside »

Depuis l'arrêté préfectoral du 27 mai signifiant à l'association son retrait d'agrément ministériel, les 1.474 adultes protégés qui sont tributaires des mandataires de la Croix Marine pour accéder à leur compte en banque n'ont plus aucun moyen d'effectuer des retraits d'argent.
Par ses propres moyens, le CSE de la Croix Marine a rédigé puis présenté un référé en suspension de l'arrêté préfectoral, rejeté le 10 juin par le tribunal administratif de Saint-Denis. Les services de l'Etat, qui semblent avoir agi dans la précipitation dans ce dossier, doivent ces prochaines heures se rapprocher des salariés de la Croix Marine afin de clarifier leur situation, alors que l'association devrait être liquidée dans les six prochains mois.
Nous publions ici le courrier qu'un salarié de l'association nous a fait parvenir :
« Ce qui se passe à la croix marine est une véritable honte pour les institutions et la république, qui méprise et maltraite 1.500 personnes vulnérables et 57 salariés innocents. Les salariés sont jetés en pâture à la vindicte populaire, l’administration semblant protéger depuis 2014, pour des raisons qu’elle seule connaît, les coupables de ce fiasco.
1.500 personnes se voient depuis le 28 mai privées de tout subside, les salariés n’ayant plus le droit d’exercer leurs missions depuis que l’arrêté est tombé, sous peine de sanctions pénales et interdiction d’exercer à vie. Aucune anticipation de l’administration qui met délibérément les 57 salariés au front, salariés qui ne savent pas quoi dire à leur protégés puisqu’ils n’ont eux-mêmes aucune réponse et aucune visibilité malgré les questions qu’ils posent de toute part.
« Les salariés sont seuls au front tout en étant dans l’interdiction d’exercer leurs missions »
L’administration, qui ne semble pas connaître pas les missions d’un tuteur, tout en jugeant que les salariés de l’association ne les exerçaient pas correctement, a prononcé un arrêté sans en avoir mesuré les conséquences en chaîne et le désastre qu’il allait entraîner, les 3 autres associations étant dans l’incapacité d’ absorber 1.500 personnes en situation d’urgence absolue.
Personne ne répond aux 1.500 protégés et partenaires , les salariés sont seuls au front tout en étant dans l’interdiction d’exercer leurs missions que l’administration leur a retiré avec une brusquerie et violence incroyable.
L’Administratrice signe des décharges de responsabilité aux salariés, alors qu’il s’agit de responsabilité pénale individuelle et de déchéance du droit d’exercer à vie. Les salariés apprennent par l’outil informatique que leurs protégés, dont ils sont pour certains tuteurs depuis des décennies et qui sont en grande souffrance physique et mentale, ne seront plus gérés par eux, sans même pouvoir leur annoncer directement et leur dire qui sera en charge désormais de leurs intérêts… et… s’ils auront de quoi manger demain.
En consultant leur liste de majeurs pour faire remonter à l’administratrice qui est le plus en danger (et oui on en est là!) ils constatent que des protégés disparaissent de leur portefeuille. Les salariés ont été trompés et violentés d’abord par le Conseil d’administration et sa présidente en poste depuis 2011, qui a pratiqué le harcèlement (condamnation le 13 mars 2024) et les discriminations, puis par son directeur qui dansait au Sakifo samedi dernier et touche toujours son salaire de directeur en exerçant aucune mission sans être licencié pour faute …
Enfin, l’administration pousse son cynisme à ce que les 57 salariés, parfaits boucs émissaires, qu’elle sait investis dans leurs missions, accélère le processus de transfert et coulage volontaire de l’association pour ne pas laisser mourir leurs 1500 salariés. Malheureusement, le transfert en masse, comme du bétail de 1.500 personnes considérées comme des dossiers par l’administration, ne fera que « transférer » vers les autres associations le problème de l’urgence du traitement vital de leur situation, sans le régler.
Voilà comment l’administration de nos jours traite les plus vulnérables, ceux qui travaillent pour eux et protège l’argent public qui lui est confiée. »
Un futur ex salarié en colère et désespéré.


