Roches Noires : Les écoles de surf font grise mine

Depuis plus d'un mois, la baignade aux Roches Noires est quasiment interdite, les drapeaux rouges et oranges se succèdent depuis les dernières fortes pluies de fin janvier. "Il y a eu un impact pour toutes les écoles de surf, bien avant l'attaque de requin", confie un responsable d'école de surf souhaitant rester anonyme, "cela fait plus d'un mois que l'on ne peut plus faire cours", un problème renforcé depuis l'attaque de requin il y a une dizaine de jours à Trois-Roches.
"On avait de la demande pour la période, on avait du monde, mais les circonstances ont fait que c'est la panique totale", souligne-t-il. Pour lui, l'attaque aurait pu être évitée, "ce n'est pas exceptionnel, il était 18h30, la nuit tombait, l'eau était sale et le drapeau était rouge, c'était prévisible".
La partie immergée de l'iceberg
Les affaires ne sont pas bonnes pour les professionnels du secteur, "on protège nos élèves, on ne va pas les envoyer dans une eau sale", mais le responsable de l'école de surf pointe d'autres problèmes qui rendent les conditions de surf et de nage mauvaises dans le secteur, "cette attaque n'est que la partie immergée de l'iceberg".
"Sans vouloir créer la polémique, la ville de Saint-Gilles est de plus en plus sale, de même que l'eau de la mer". Pour expliquer le problème d'eau trouble sur les Roches Noires, deux facteurs sont pointés du doigt par le responsable de l'école de surf, "le port de Saint-Gilles qui nous envoie toutes ses saletés et les pêcheurs qui balancent au large de Roches-Noires les restes de poissons, mais ce n'est pas nouveau vous me direz".
Situation préoccupante
"On se sent abandonné par la ville", confie-t-il. Avec les surfeurs qui désertent les lieux, le drapeau rouge hissé en permanence et les baigneurs qui fuient l'endroit après les apparitions de requins, "la situation est préoccupante, si les écoles de surf ferment, il y aura moins de baigneurs, moins de touristes… c'est une synergie et si un rouage du maillon se grippe c'est l'ensemble qui en fera les frais".
Depuis plus d'un mois les clients se font rares et même s'ils font la "part des choses", l'optimisme n'est pas au rendez-vous. Ce soir, une réunion à la Ligue de Surf réunionnaise doit se tenir avec l'ensemble des acteurs du milieu pour parler du problème des requins, mais pas seulement…



