Sakifo : La programmation d’Ibrahim Maalouf jugée "problématique"

La présence pour la seconde année consécutive du trompettiste Ibrahim Maalouf a fait monter au créneau les militants féministes. Au vu du passif de l’artiste, le collectif déplore ce choix de programmation pour le festival de musique de La Réunion qui se déroule ce weekend.
L’homme a été accusé d’agression sexuelle sur une jeune fille de 14 ans au moment des faits, en 2013, qui effectuait un stage sous sa responsabilité. Condamné puis relaxé en appel, il a reconnu un baiser et l’envoi de SMS inappropriés.
La réaction de l’artiste à son premier jugement sur le réseau social Tweeter (X) (Tweet supprimé depuis), n’avait pas manqué de faire réagir :

Pour Nous Toutes 974, sa présence ce vendredi sur la scène du Sakifo est “une énième claque faite aux victimes” :
“Encore une fois, les programmateurs ne se préoccupent pas du passé des artistes invités et de l’image qu’ils véhiculent. Les militantes féministes en ont marre de voir les agresseurs célébrés alors que leurs victimes tentent difficilement de se reconstruire. Cela doit cesser !”, a réagi le collectif.
À quelques jours de l’ouverture du festival, des collages féministes réalisées par un groupe féministe anonyme visant le trompettiste, sont apparus à Saint-Leu.
Les colleuses y expriment “leur ressenti face à ce mépris”, rapporte Nous Toutes 974 qui a pu interroger l’une d’entre elles : “C’est inacceptable de voir qu’un pédocriminel potentiel est programmé sur un festival qui a une renommée aussi grande sur l’île. On se bat quotidiennement pour nos droits, mais ceux qui peuvent avoir un impact sociétal se taisent et préfèrent en tirer profit. Face à cette situation, notre moyen de revendiquer est de coller, pour que chacun.e se rende compte de la situation”, a confié l'une d'elles au collectif.


Si le Collectif Nous Toutes 974 salue la présence de "safe places" et de bénévoles sur ce thème durant le festival, il déplore l’absence d’une prise de position contre les violences faites aux femmes et aux enfants : “Aujourd’hui la programmation du Sakifo montre que les violences faites aux enfants, aux femmes ne sont pas leur priorité. On sépare bien l’artiste de l'homme, même s’il est potentiellement un agresseur, voire un pédocriminel. Il est regrettable qu’un festival qui a pour vocation de mélanger les générations, la tradition et la modernité le temps d’un week-end ne prenne pas position."


