Sursis requis contre le chef d'établissement réunionnais qui s'était auto-poignardé

En 2007, cette histoire avait suscité une vive émotion. Mohamed Abdallah était le principal adjoint du collège Pablo Neruda, en Seine-Saint-Denis et il avait été hospitalisé suite à une agression à l'arme blanche. Xavier Darcos s'était rendu au chevet de la victime pour condamner "avec la plus grande fermeté cet acte criminel". Nicolas Sarkozy avait lui-même évoqué cette affaire en souhaitant "que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame, afin que les auteurs de cet acte barbare puissent être identifiés et arrêtés".
L'enquête allait pourtant rapidement remettre en cause la déposition de la "victime", il se serait lui-même poignardé parce qu'il ne supportait plus d'être loin de La Réunion et de sa famille. A travers cet acte, il espérait obtenir plus rapidement sa mutation à La Réunion.
Pour son avocat, ce mobile ne tient absolument pas car il aurait pu obtenir sa mutation sans "ce montage invraisemblable".
"Excusez-moi de ne pas être mort, je demande pardon"
Dans sa déposition, Mohamed Abdallah avait expliqué "avoir entendu des bruits" et être descendu pour vérifier, avant de se retrouver nez à nez avec ses agresseurs. Un rencontre qui selon lui, aurait mal tourné. Il avait alors été retrouvé inconscient par le gardien de l'établissement. Deux mois après les faits, il était mis en garde à vue à Malartic alors qu'il effectuait sa convalescence à La Réunion, les enquêteurs ne croyaient plus à sa version des faits.
Il comparaissait hier pour "dénonciation d'un crime imaginaire ayant exposé les forces de police à d'inutiles recherches" devant le tribunal correctionnel de Bobigny. Il a clamé son innocence en précisant "qu'il n'a pas à prouver d'avoir été agressé (...) Excusez-moi de ne pas être mort, je demande pardon" aurait-il dit lors du procès, selon le journal Libération.
Les plaidoiries terminées, Mohamed Abdallah s'est adressé au tribunal : "J'attends beaucoup de votre décision. C'est elle qui pourra me permettre ou non de poursuivre mes fonctions en tant que principal-adjoint".
Pour l'heure, l'accusé travaille au rectorat de La Réunion. Le procureur a requis 6 mois de prison avec sursis, le verdict sera rendu le 31 mars prochain.


