Le directeur de l'école de Bras-Creux entame une grève de la faim

Il y a 10 jours, les parents d’élèves avaient bloqué l’école de Bras-Creux ([lire notre article]urlblank:http://www.zinfos974.com/Ecole-de-Bras-Creux-Les-parents-se-revoltent-pour-la-secretaire_a25573.html ). Ils réclamaient davantage de sécurité et la réintégration de la secrétaire du directeur, dont le poste a été supprimé depuis la rentrée du mois de janvier. N’ayant pas obtenu satisfaction, le directeur de l’école, Patrick Olivier, a entamé une grève de la faim. Il s’est installé dans une tente devant son école.
L’enquête de l’inspection n’a rien donné
Une enquête avait été ouverte par l’inspection académique mais malgré les difficultés qui ont été constatées dans cette école, ils n’ont pas jugé nécessaire de réintégrer la secrétaire. "Ils ont constaté les difficultés mais ont conclu qu’il fallait être mieux organisé", précise Patrick Olivier.
Pourtant, l’enquête semble également avoir démontré la compétence du directeur mais aussi sa rigoureuse organisation. "Je suis très bien organisé, et compte-tenu de l’extrême superficie de cette école, je communique via skype avec les enseignants", souligne-t-il. Il faut préciser que, selon le directeur, son école est une des plus vastes de la Réunion, peut-être la plus vaste : "il y a des travaux, et les bâtiments sont distants de plus de 300 mètres les uns des autres. Il y a plus de 800 mètres entre les deux extrémités de l’école".
Patrick Olivier nous précise qu’il a été reçu mardi dernier par l’inspecteur d’académie et son adjoint durant deux heures. "Il en sont arrivés à la conclusion qu’il était bon de ne rien faire", regrette t-il.
Je suis "jusqu'au-boutiste"
"Je suis jusqu'au-boutiste, je préfère faire la grève de la faim et avoir mal au ventre que de finir en prison. J’engage ma responsabilité et comme la sécurité n’est pas garantie (…) la présence de ma secrétaire est également indispensable lorsque je ne suis pas dans mon bureau. Si quelqu’un vient pour une urgence et que je suis à l’autre bout de l’école, elle peut me prévenir."
Le directeur évoque également les ambigüités qui peuvent naître de cette situation : "si une gamine de CM2 se fait mal et qu’elle vient dans mon bureau pour un 'bobo', comment dois-je procéder ? Si je lui demande de soulever son maillot ça peut être sujet à des interprétations diverses alors que je suis seul dans le bureau. Avec la présence d’une secrétaire, ce genre de mésaventure ne risque pas d’arriver (…) on se partage la gestion des petits aléas de la vie de l'école."
Dans une école, il n’y a pas d’infirmière. "Ce n’est pas comme dans un collège, le directeur est à la fois concierge, infirmier, conseiller d’éducation", déplore t-il.
Les parents et les autres écoles se mobilisent
Dans son combat, le directeur de l’école n’est pas seul. Les parents d’élèves ne le laissent pas tomber, tout comme ses collègues enseignants et les directeurs des autres écoles du Tampon. Ils avaient notamment décidé de débrayer aujourd’hui entre 15h et 16h. Le mot d’ordre était lancé pour soutenir leur collègue. Lundi, ce sont les parents d’élèves qui prévoient de se mobiliser devant l’école Antoine Lucas du Tampon.
Quoi qu’il en soit, Patrick Olivier est décidé à poursuivre sa grève de la faim, il n’arrêtera pas tant qu’il n’aura pas obtenu satisfaction mais continue néanmoins de travailler : "je ne suis en grève que de la faim, j’assure le fonctionnement de l’école pour le bien-être de mes élèves", conclut-il.



