Si l'absence de Sébastien T à son procès a empêché d'obtenir de nombreuses réponses, elle a au moins eu le mérite de soulager les victimes qui ont pu s'exprimer plus librement. Le prévenu est rentré dans l'Hexagone, officiellement pour suivre une cure de désintoxication pour son addiction à l'alcool.
Sébastien et Jacqueline* se sont mis en couple en 2010. Elle avait déjà trois enfants avant leur rencontre et ils ont eu un garçon ensemble. La relation s'est arrêtée en 2015, mais pas les violences. Le prévenu n'a jamais cessé de faire vivre un cauchemar à son ex et à sa famille.
En plus des menaces de mort et des violences, les membres de la famille découvrent souvent leur voiture dégradée avec des pneus crevés ou du soda versé dans le réservoir. Sébastien est même parvenu à vendre la voiture de Jacqueline sans son autorisation. Pire, il rejette même la faute sur son ex, allant jusqu'à affirmer qu'il a une tumeur au cerveau depuis qu'elle lui a mis une claque.
Folie ou détresse ?
"Je me demande si on est au bord de la folie ou aux portes de l'enfer. On ne comprend pas ses motivations, si c'est une méchanceté profonde ou une perversité réelle", argue Me Aurélie-Marie Hoareau pour la partie civile. Elle demande donc une interdiction de contact et de paraître au domicile des victimes, en plus du retrait de l'autorité parentale.
Dans sa plaidoirie, le procureur commence par une mauvaise nouvelle pour les plaignants puisqu'aucun élément matériel ne peut prouver les dégradations matérielles. Pour les violences et les menaces, il requiert une peine de six mois de prison avec sursis et une interdiction absolue de contact.
"Je ne vois pas un stratège machiavélique, mais plutôt quelqu'un en détresse en proie à l'alcool. Il s'est senti bafoué dans son rôle de père et a sombré. Il n'a pas le projet de revenir et souhaite se sortir de ce cercle vicieux", affirme de son côté Me Victoria Rouxel pour la défense.
Faute de preuves, le tribunal le relaxe sur les dégradations "même si on se doute que c'est lui", précise la présidente du tribunal. Néanmoins, le tribunal va aller au-delà des réquisitions et le condamner à 12 mois de prison avec sursis. Il doit de plus verser 3500 euros de dommages et intérêts à Jacqueline pour le préjudice, ainsi que 1000 euros à chacun des quatre enfants, le tribunal laissant au Juge des affaires familiales le soin de décider ou non du retrait de l'autorité parentale.
*Prénom d'emprunt