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Décès de Maryse Condé : Les hommages se multiplient

La journaliste, professeure et autrice Maryse Condé est décédée. Les acteurs politiques locaux lui rendent hommage.
Ecrit par N.P. – le mardi 2 avril 2024 à 19H30

Huguette Bello, présidente de Région :

La littérature est en deuil. Maryse Condé vient de nous quitter.

Née en Guadeloupe, elle aura vécu sur tous les continents.

Journaliste, professeure, elle aura été surtout une très grande autrice avec une œuvre aussi foisonnante que multiple, aussi imaginative qu’engagée.

Parce qu’elle avait l’Afrique chevillée à l’âme, elle nous laisse un monument littéraire universel avec Segou, son grand roman historique qui raconte l’épopée du royaume Bambara, qui dit l’esclavage, qui donne à voir l’Afrique avant la colonisation.

Pionnière dans sa vie, précurseure dans son œuvre, Maryse Condé a très tôt souligné les conséquences de l’esclavage colonial sur les êtres, sur les sociétés, sur les imaginaires. C’est donc tout naturellement qu’elle a été la première Présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage que la France a créé en 2004.

Je veux saluer cette voix talentueuse. Et dire tout mon respect à cette grande militante.

Vous resterez pour nous, Madame, une inépuisable source d’inspiration.

Le bureau du PCR

Le Parti communiste réunionnais a eu la tristesse d’apprendre ce 2 avril le décès de Maryse Condé.

Connue principalement comme écrivaine, elle reçut en 2018 le « Prix Nobel alternatif » de Littérature. Elle fut également enseignante en Afrique et en Amérique.

Née en Guadeloupe à l’époque de la colonisation, elle poursuivit sa scolarité en France.

Au contact notamment des écrits d’Aimé Césaire et Frantz Fanon, elle décida de s’engager dans la lutte anti-coloniale.

Dans son pays, elle participa à la fondation de l’Union populaire pour la libération de la Guadeloupe qui militait pour l’indépendance : « certains d’entre nous croyaient que l’indépendance était à portée de main et que nous pourrions construire du jour au lendemain une société socialiste dans laquelle les Guadeloupéens n’utiliseraient pas de voitures individuelles mais uniquement les transports en commun », dit-elle plus tard au sujet de cet engagement.

Maryse Condé fut la première présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage qui proposa le 10 mai comme date commémorative de la Journée nationale des mémoires de l’esclavage, de la traite et de leurs abolitions. La Réunionnaise Françoise Vergès lui succéda.

Maryse Condé voulait mourir en tant que « Guadeloupéenne indépendantiste ». Elle n’a jamais renié son engagement anti-colonial et aujourd’hui, les plus hautes autorités lui rendent de nombreux hommage.

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