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Une certaine idée de Noël à la Réunion, avant la société de consommation

Noël, ou plus exactement le Réveillon de Noël était fêté différemment. D'ailleurs, "fêter" avait un autre sens du temps de nos grand-parents. Les décibels ne couraient pas les rues ou plutôt les maisons, la musique électronique d'aujourd'hui laissait la place à des pathéphones, dont les notes, parfois approximatives leur conféraient tout leur charme. Toujours dans cette "à peu près", la Réunion, de par sa situation géographique particulière, sous les tropiques, mais dont le coeur battait aussi en métropole, existait cette ribambelle d'adaptation "pays" à l'univers de Noël. Petit tour d'horizon.
Ecrit par Ludovic Grondin – le samedi 25 décembre 2010 à 09H01

A Noël, à la Réunion, du temps de nos grand-parents, les bûches européennes laissaient avantageusement la place au fameux pâté créole. Le champagne et autres vins de table se laissaient plutôt tenter par un petit verre de liqueur Marie Brizard, jamais éloigné par des i["toujours pas assez"]i boudoirs, histoire i["d'arrange la bouche"]i. Un moment de communion intergénérationnel, le temps d'un soir, qui prenait place sous la lumière bienveillante des lampes à pétrole, loin, bien loin des illuminations dévorantes en énergie qui ornent les rues des villes de 2010.

 

b[Le cryptomeria en lieu et place du "roi des forêts"]b

Les letchis, eux, n'ont pas d'équivalent, ou peut-être si finalement. Suivez mon regard vers les rayons des supermarchés de maintenant et tendez le bras vers ces dizaines, centaines de boîtes de chocolat. A une époque où le réfrigérateur n'était encore qu'un luxe, point de chocolat en abondance comme maintenant. La chaleur ambiante n'aurait fait qu'une bouchée des petits délices.

Mais les adaptations locales sont également ailleurs, sous la varangue ou dans le salon. Il s'agit du sapin de Noël, ce roi des forêts importé directement du grand nord canadien sans doute, mais qui sous nos cieux, prend plutôt l'allure d'un cryptomeria, d'un araucaria voire d'une branche de filaos, quand les moyens venaient à manquer, bien avant l'ère du sapin plastique, n'en parlons même pas…

 

Dans les cours et sur les bords des routes, les flamboyants se couvrent, en ce mois de décembre, de centaines de petites fleurs rouges comme le sapin peut se couvrir de flocons de neige en métropole.

b[Minuit n'est plus minuit ]b

Selon la coutume chrétienne, la messe de minuit avait forcément lieu à…minuit. Une évidence qui n'est plus, faute d'avoir su résister aux appels de la société de consommation qui veut qu'un 24 au soir, vers minuit, on aide les enfants à allumer leurs pétards, chose encore impensable il y a cinquante ans. Les seuls artifices étaient réservés, quand il y en avait, au soir du 31, pas avant. Tout ce tintamarre d'aujourd'hui ne pouvait être raisonnablement imaginé par nos anciens.

Une crèche de Noël, aussi, à la maison trônait fièrement dans le salon avant que la famille, un tant soit peu pratiquante, ne rende visite à celle qui se trouve au coeur des églises.

Il y a une chose qui, cependant, n'a jamais évolué, c'est bien la température sous nos cieux à pareille période. A coup sûr, une chaleur étouffante qui aurait de quoi rebuter plus d'un père Noël emmitouflé, même le plus professionnel qui soit. Un Noël à 30 degrés "sous la tôle" c'est aussi ça…un Noël à la Réunion aujourd'hui, comme il y a cinquante ans.

 

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