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Saint-Joseph : Le géant résiste au taser durant son interpellation

Lors d'un contrôle routier le soir d'Halloween, un Saint-Joséphois a refusé le test d'alcoolémie lors d'un contrôle routier avant de résister à son interpellation. Jugé hier par le tribunal de Saint-Pierre, il a été condamné à 18 mois de prison, dont 8 avec sursis.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le samedi 2 décembre 2023 à 09H26

Le 31 octobre dernier, les gendarmes de Saint-Joseph organisent des contrôles routiers dans la ville. Vers 22 h, une patrouille se rend vers un restaurant où Gilles* s'amuse de manière trop bruyante et dérange le voisinage. Les militaires vont simplement lui demander d'être moins bruyant.

Une heure plus tard, ces mêmes gendarmes vont le voir arriver au volant de sa voiture au niveau du giratoire de la mairie. Conscient de son état d'ivresse manifeste, ils lui demandent de s'arrêter pour un contrôle d'alcoolémie. L'homme de 29 ans va ordonner aux gendarmes d'attendre et refuse de souffler dans l'alcootest. Après plusieurs minutes de ce petit jeu, les gendarmes reçoivent l'ordre de leur hiérarchie de l'interpeller.

Mais voilà, Gilles mesure plus de deux mètres et fait plus de 90 kg. Surtout, il résiste à son interpellation. Depuis l'habitacle de sa voiture, il donne des coups de pieds aux gendarmes qui tentent de lui mettre les menottes. L'un d'eux va finir par utiliser son taser en mode shocker, le mode le moins puissant. Mais cela ne fait qu'énerver un peu plus le colosse qui tente de se saisir de l'arme. Finalement, ils devront se mettre à quatre pour parvenir à lui mettre les menottes et à l'interpeller.

"Je ne pensais pas que ça en arriverait jusque-là"

Après avoir demandé un renvoi lors de la première audience de comparution immédiate, il a été présenté hier au tribunal de Saint-Pierre. Durant l'audience, Gilles va confirmer "qu'il était bête de ma part de ne pas avoir soufflé tout de suite. Je ne pensais pas que ça en arriverait jusque-là."

"On sent bien qu'il est gêné d'être là et qu'il veut montrer patte blanche devant nous. Malheureusement, cela ne se ressent pas dans son positionnement. Il essaye de nous faire croire que le contrôle se passait bien jusqu'au coup de taser. C'est parce qu'il se rebelle que le taser est sorti. On voit bien sa logique d'opposition frontale", argue la procureure qui demande une peine de 24 mois de prison, dont 12 avec un sursis probatoire de 18 mois, ainsi que 8 mois de suspension de permis.

"Il avait une volonté de collaborer, mais ça s'est passé rapidement. Ça l'a surpris et il a eu le mauvais réflexe. Tous les gendarmes confirment qu'il n'y a ni outrage ni insulte. La rébellion et l'ivresse sont avérées, mais à aucun moment, il a voulu retourner l'arme à l'encontre des gendarmes", assure de son côté Me Thierry Gangate qui assure la défense du prévenu.

Il est finalement condamné à une peine de 18 mois de prison, dont 8 avec un sursis probatoire de 18 mois. La partie ferme est aménagée pour qu'il conserve son emploi. Il doit de plus effectuer un stage de citoyenneté à ses frais et doit indemniser les victimes. Son permis est suspendu pendant 8 mois.

*Prénom d'emprunt

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