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Le Cran satisfait à la sortie de la table ronde à l'IRT

Après avoir dénoncé des propos relayés dans une enquête commandée par l'IRT, le Cran (Conseil représentatif des Associations noires de la Réunion) a obtenu une table ronde afin de débattre sur la question plus profonde : Quelle représentation avons-nous du groupe ethno-culturel cafre, et plus largement de nous-mêmes, Réunionnais et Réunionnaises ?
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 8 décembre 2010 à 15H05

Hier soir, l'IRT a reçu le président du Cran (Conseil représentatif des Associations noires de la Réunion), Eric Murin ainsi qu'un anthropologue, un sociologue, un docteur en sciences de l'éducation et un juriste. Une table ronde qui n'avait pas pour ambition de changer le cours des choses mais, au moins, de faire en sorte que la stigmatisation de groupes ethno-culturels cesse.

Tout est parti d'une phrase issue d'une enquête commandée par l'IRT permettant de comprendre le comportement, les envies et la vision des touristes à la Réunion. "Les cafres du Chaudron et du Port sont agressifs" : Il n'en a pas fallu plus pour faire réagir le Cran local qui a dénoncé ces propos à l'occasion d'une conférence de presse il y a quelques jours. La médiatisation de cette affaire a incité l'IRT à réagir avançant que l'objet de cette enquête n'avait pas du tout pour objet d'exacerber la stigmatisation des "kaf".

A la demande du Cran, l'IRT a donc reçu hier quelqu'un de ses membres pour une table ronde visant à clarifier la situation, et par la même occasion, apaiser les tensions. "Pour moi, la page est tournée. Nous avons pu exposer la problématique et l'IRT a restitué le contexte dans lequel cette enquête a été effectuée. La responsable de l'enquête a pris conscience de l'impact des propos cités", explique Eric Murin, le président du Cran.

"Le développement du tourisme passe-t-il par le besoin de savoir ce qu'il pense du quartier du Chaudron?"

Ce que le Cran dénonce finalement, ce n'est pas le fait qu'un touriste affirme que "les cafres du Chaudron et du Port sont agressifs" mais plutôt la façon dont cette "phrase florilège" a été utilisée au sein de l'enquête : sans commentaire, sans explication, sans apport véritable dans une étude ayant pour objectif de mieux comprendre le comportement des touristes à la Réunion.

"Nous n'avons pas à remettre en cause la démarche du professionnel mais nous avons échangé sur la configuration de la société réunionnaise. L'idée est de faire en sorte que ce type de stigmatisation ne se reproduise plus", souligne Eric Murin.

Pour lui, cette polémique a été l'occasion de poser une question de fond : Quelle représentation avons-nous de nous-même à la Réunion? L'occasion aussi selon le président du Cran de revoir, peut-être, la façon d'appréhender le touriste et la politique touristique que l'on souhaite mettre en place : "L'accueil est une chose mais qu'avons-nous à proposer au touriste? Le développement du tourisme passe-t-il par le besoin de savoir ce qu'il pense du quartier du Chaudron? Ou encore de ce qu'il pense du kaf?"

 

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