Didier ou Légalité, éthique et légitimité
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Ces deux notions peuvent même, en pratique, se révéler totalement contradictoires, voire attentatoires l’une envers l’autre.
Ainsi un comportement contraire aux dispositions législatives peut être considéré comme légitime, en ce qu’il se justifie par l’éthique, et inversement.
J’en veux pour preuve la notion de "légitime défense" : un homme ayant commis un homicide (interdit et puni par la loi) pourra bénéficier de la clémence des juges parce que cet acte, pourtant répréhensible, est justifié par l’éthique.
A l’inverse, faisant ici référence, hélas, à des périodes sombres de notre histoire, nous avons vu un gouvernement édicter et faire appliquer des lois que la morale universelle réprouve et qui font injure à nos valeurs humanistes. Les légalistes font primer la loi, les humanistes la morale et la légitimité.
Un responsable politique peut-il en toute conscience s’affranchir de l’éthique pour ne s’appuyer que sur un dispositif législatif et règlementaire, dans le seul but de servir ses ambitions, selon des petits calculs politiciens ? Ou plus simplement, le droit est-il forcément synonyme de droiture ou de vertu ?
Pour illustrer l’analyse, je prendrai (au hasard) le comportement d’un homme politique qui commence à être connu localement, le président d’une grande collectivité.
- Intronisé et adoubé par un député Maire devenu inéligible, l’héritier ferme au père les portes de la mairie. C’est légal, mais ce comportement est-il juste et moral ?
- L’héritier devient donc maire puis député, et dans la foulée, président d’une grande collectivité. Un recours en annulation des élections (belle aubaine !) permet à ce même élu de sauvegarder son mandat de député. C’est la loi qui s’applique, mais est-ce bien légitime.
- Les dispositions relatives au cumul des mandats l’amène à faire un douloureux choix, Malgré ses engagements auprès de la population de sa commune, il abandonne ses fonctions de maire, sans les quitter vraiment (s’imagine t-il) et devient premier adjoint. Les textes lui permettent cette habile manœuvre, mais qu’en est-il de l’intention qui l’anime d’un point de vue éthique ?
- Le gouvernement prolonge la mission parlementaire qui lui a été confiée, ce qui lui permet d’échapper à une campagne électorale à l’issue bien incertaine, en cette période difficile pour son camp. Et c’est encore légal, mais là aussi est-ce bien légitime ?
- La suppléante de ce député devient titulaire, c’est légal mais est-ce légitime ? moral ?...
- Pour combler la perte de l’indemnité de député il se fait nommer PDG de la SPLA, c’est légale mais pas forcément moral au vu du nombre de personnes qui n’ont aucun revenu !
Voilà suffisamment d’exemples (je pourrais en citer d’autres mais ce serait fastidieux) pour démontrer que certains n’ont aucun scrupule à s’affranchir de l’éthique et à se servir des règles juridiques, quels que puissent être les mobiles de leurs décisions et les conséquences de leurs actes.
Le "responsable" politique à mon humble avis, devrait de temps à autre, avant d’agir, se poser cette question de conscience : "Y a-t-il des limites à mon acte, quand bien même il serait conforme au droit?"
Personnellement je répondrais "oui, la limite est celle qui nous est imposée par la morale car l’éthique est nécessaire à l’homme pour tempérer ses appétits et ses passions" et sans ce supplément d’âme nous ne sommes que des opportunistes.


