Les réserves de la FDSEA sur les boues d'épuration

Le président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles, Frédéric Vienne, a souhaité réagir sur un point bien précis du PDEDMA : l'utilisation des boues des stations d'épuration à destination des agriculteurs. Un projet sur lequel le syndicat agricole émet un certain nombre de réserves alors que l'actuel système d'épandage, composé de vinasse et de lisier, a déjà fait ses preuves.
"Pour qui travaille la Chambre aujourd'hui ?"
"Les collectivités et les structures qui sont en charge des stations d'épuration envisagent d'épandre les boues sur les terrains agricoles", explique Frédéric Vienne. "Nous conseillons d'être extrêmement prudents sur le sujet", poursuit le planteur du Sud qui considère que ce sont quelques 18.000 hectares de terre qui sont déjà concernés par un plan d'épandage. "Il faut savoir que pour les différents projets de développement des filières animales, 4.000 à 5.000 hectares supplémentaires seront nécessaires dans les années à venir", précise le responsable de la FDSEA. Étonné quant à l'avis favorable émis par la Chambre verte sur le sujet, le planteur rappelle que l'épandage de ces boues sur les surfaces agricoles nécessitera plus de 8.000 hectares de terre, soit beaucoup plus que ce dont a besoin la filière élevage. De quoi entrer en concurrence avec les objectifs des éleveurs de développer leurs parts dans la production locale.
Évoquant également le principe de précaution, Frédéric Vienne souhaite savoir quelle est la composition chimique réelle de ces boues, notamment la présence éventuelle de plomb, de zinc et autres composés qui pourraient porter préjudice aux cultures locales et aux nappes phréatiques. "A l'heure actuelle, les épandages sont réalisés avec de la matière organique. On sait d'où ça vient, rapporte le syndicaliste. "Pour qui travaille la Chambre aujourd'hui ?, s'interroge encore Frédéric Vienne. La décision de la Chambre d'Agriculture donne un coup de frein au développement des filières animales et met en concurrence les effluents d'élevage et les boues des stations d'épuration sur l'utilisation des terres agricoles", conclut le responsable. Et d'interroger à nouveau les pouvoirs publics et les collectivités sur l'image que la Réunion souhaite donner de son sucre en cas d'une éventuelle Identification géographique protégée (IGP) ou d'une Appellation d'origine contrôlée.
A noter qu'en France, les boues d'épurations comptaient, au début des années 2000, pour 1 à 2% des épandages agricoles tandis que 98% des épandages pratiqués étaient composés de fumiers et lisiers issus d'élevage. Par ailleurs, un décret en date du 18 mai 2009 relatif à "l'indemnisation des risques liés à l'épandage des boues d'épuration urbaines ou industrielles" oblige les producteurs de boues à transmettre des informations statistiques à l'autorité.


