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Pour 4 euros, un barbecue vire à l'expédition armée

Un homme a été grièvement blessé à la main par un individu armé d'un katana le 22 septembre dernier à Sainte-Marie. L'enquête a permis d'identifier les cinq protagonistes de cette sombre affaire qui sont partis armés pour venir en aide à un dalon et en découdre.
Ecrit par Régis Labrousse – le mardi 10 octobre 2023 à 11H27

"Une scène d'épouvante", tance le procureur. Cette phrase résume en substance la soirée du 22 septembre dernier dans une résidence de Sainte-Marie. Les résidents se retrouvent pour un barbecue, l'ambiance est festive. Un jeune homme est missionné pour aller chercher une bouteille de Whisky avec 30 euros. À son retour, les résidents le soupçonnent d'avoir gardé les 4 euros de monnaie. L'affaire prend alors des proportions inattendues et démesurées. Le jeune se plaint auprès de proches d'avoir été maltraité. La réaction ne se fait pas attendre puisqu'en mois d'une heure, deux proches débarquent avec trois amis. Venus de Saint-Denis dans deux voitures, ils arrivent dans la résidence pour avoir des explications. Ils estiment que leur communauté a été offensée par le mauvais traitement subi par leur camarade. L'expédition tourne au pugilat. 

Soudainement, les résidents se mettent à courir dans tous les sens effrayés pour rejoindre leurs appartements. En effet, trois individus brandissent une hache, un sabre et un katana. Ils poursuivent les résidents, balançant des coups dans tous les sens avec les armes pour toucher. Un homme va malheureusement subir un coup de katana à la main en voulant protéger sa tête. Il est grièvement blessé avec les tendons et les nerfs de la main sectionnés. Une ITT de 45 jours lui sera délivrée. Dans le même temps, la vendetta se poursuit dans les couloirs de la résidence à coups de hache sur les portes. Une scène de violence extrême qui se termine par les vols des sacoches et des téléphones des résidents partis se réfugier. 

Ils décrivent une situation qui a dégénéré

L'enquête permettra d'identifier les auteurs et de les placer en garde à vue début octobre puis de les déférer au tribunal le 6 octobre. Ils sont tous placés en détention provisoire pour être jugés en comparution immédiate ce lundi. Trois sont poursuivis pour des violences aggravées et deux conducteurs pour complicité.

À la barre, les versions divergent mais les faits sont globalement reconnus à l'exception d'un agresseur qui indique : "Je n'étais pas là, j'tétais chez moi". Ils décrivent une situation qui a dégénéré et expliquent qu'ils voulaient simplement faire peur. Les deux conducteurs expliquent qu'ils ont eu peur et ont décampé quand les armes ont été sorties. Sur les cinq prévenus, seul un fait montre d'un casier judiciaire comportant deux mentions. En revanche, pas l'ombre d'une esquisse d'explication sur les 4 euros de la discorde par les prévenus. 

"Il y avait une volonté de blesser, de tuer. La victime a une ITT de 45 jours et 4 mois d'immobilisation minimum. Il est de passage à la Réunion pour voir sa famille et devait débuter une formation d'éducateur sportif", fustige la partie civile. Pour le procureur, "c'est une scène d'épouvante. Ils savaient ce qu'ils allaient faire. Ces faits sont d'une violence inouïe, c'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de mort", poursuit le parquet qui requiert des peines de 3 ans de prison pour l'auteur du coup de katana, 30 mois pour les deux autres porteurs d'armes et 20 mois de prison pour les deux conducteurs. Il requiert également leur maintien en détention. 

Les défenses des deux conducteurs demandent la relaxe

Les défenses des deux conducteurs demandent la relaxe, estimant qu'ils ne savaient pas que leurs dalons étaient montés armés dans leurs voitures. La défense de l'auteur du coup indique que celui-ci est inséré et qu'il a agi par effet de groupe, qu'il a été entrainé par les autres, que "c'est un suiveur". Le conseil du porteur de la hache, qui est le seul à avoir un casier, estime pour sa part que ce n'est pas lui qui porte le coup.

Au final, le tribunal prononce la culpabilité des cinq prévenus. Les trois porteurs d'armes sont condamnés à 30 mois avec maintien en détention et les deux conducteurs à 24 mois de sursis à titre de peine d'avertissement. Ils ont tous interdiction de détenir une arme pendant 5 ans. 

Etiquettes : Violences

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