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" Alerte atrocités " au Jardin d’État : On laisse crever les poissons !

Le Jardin d’État est un endroit formidable : végétation foisonnante, bassins attirants, gazons doux à l’oeil, savants jeux d’ombre et de lumières, calme… oui, oui, « luxe, calme et volupté », je sais. Mais ce matin…<br />… c’est le Jardin des Horreurs, comme vous pouvez en juger par les photos ci-après…
Ecrit par Sophie Fontaine – le samedi 15 juillet 2023 à 12H32

J’aime le Jardin ; on y est à l’aise pour rêver, se tenir la main, causer avec quelque philosophe en goguette, admirer ce très vieux Chinois maître de taï chi, se réjouir des rigolades de bambins heureux sur leurs trottinettes…

Ce matin samedi 15 juillet, ce fut la douche glacée. Notre pote Billy, grand photographe devant l’Eternel, s’en vint vers nous à toute vitesse pour nous montrer les clichés morbides de poissons dont la peau s’en allait par grandes plaques, comme vous pouvez le constater. Ça se passait juste en face de notre place favorite, dans les grands bassins d’en face. Nous avons eu du mal à en croire nos yeux…

Je m’en fus illico faire part de notre déconvenue aux gardiens du Jardin, des gens très bien au demeurant, qui ne ménagent pas leur peine mais qui ne parurent pas autrement surpris :

« Nous le savons bien, monsieur… Hélas ! Cela fait des jours que ça dure… »… « De l’eau en’-dans là lé pourrie ! Le fond lé pollué et vaseux… C’est d’la boue ! Faut na in tas d’microbes et d’bactéries là-dans ! »

Renseignements pris, il y a une société chargée d’entretenir les bassins, les nettoyer et surveiller le bon fonctionnement des geysers chargés de renouveler les eaux, les oxygéner, seul moyen d’assurer une hygiène à leurs occupants.

Cette société a bel et bien été avertie de la catastrophe annoncée, plusieurs fois et plusieurs jours de suite…

« Mais ban’-na i vient pas ! »

On se doute bien que vu le niveau confortable des appels d’offres publics, cette société, que je ne nommerai pas (pour l’instant… on verra si ça perdure), perçoit ses émoluments en se foutant du devenir de la Nature comme de sa première french letter !

Quelle peut être cette épidémie décimant nos étatiques poissons à vitesse grand V ? Une seule personne pouvait me le dire, mon ami Joël D., Zoréole de haute volée, un des meilleurs connaisseurs et défenseurs de notre faune créole.

« Ce sont des carpes apparentées aux coï. Normalement, il leur faut une température plus froide. Mais elles peuvent s’adapter à un climat côtier comme à Saint-Denis. Mais il leur faut une eau aérée en permanence et un environnement non pollué. Les jets d’eau sont là pour ça ».

Le problème est que les jets d’eau, depuis des semaines, sont moins élevés que la margelle des bassins. Economie d’eau oblige, soit, mais a-t-on songé aux bestioles ?

Quand on observe attentivement, on voit le fond des bassins couvert de limon verdâtre sinon de magma boueux.

Bientôt, ça va commencer à cocotter grave.

C’est comme les propriétaires d’animaux en appartement, qui les abandonnent quand ça les arrange : si on n’aime pas les animaux, si on n’est pas prêts à s’en occuper, les cajoler, les aimer, on n’en achète pas !!!!!

Le Président du Département, homme irréprochable à mon sens (il l’a prouvé), est-il seulement au courant ?

Maintenant oui. Salut à toi, Cyril !

 

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