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Clash entre avocats au procès Mamodtaky à Paris

Le procès Mamodtaky s’est ouvert mardi à la Cour d’assises de Paris dans un climat de tensions, accentué par le revirement de Jean-François Crozet. Retour sur la journée d'hier, jeudi.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 29 octobre 2010 à 07H15

Au troisième jour de procès, défense et parties civiles s’affrontent dans un bras de fer qui ne fait que commencer. Tous n’ont qu’un mot à la bouche : "Justice". Mais de quel côté penchera celle-ci ?

Au bout d’1h30, le ton monte entre les avocats. La partie civile accuse la défense de tenter de "discréditer la cour et l’institution judiciaire", tandis que les défenseurs reprochent à leurs confrères leur comportement désobligeant. Il faut l’intervention du bâtonnier et de la présidente pour un retour au calme. Cette dernière insiste sur la "dignité des débats et le respect des personnes". Ce long procès s’annonce mouvementé.

Sur le banc des accusés, Mamode Abasse Mamodtaky se ronge les ongles. Chemise blanche, gilet noir, le principal accusé se tient pensif, soucieux, la main contre la bouche. Il ne sort de sa torpeur que pour exprimer son étonnement ou son indignation. Non loin de lui, son beau-frère Riazhoussen Damdjy, silencieux, discret, reste confus quand il prend la parole et clame son innocence. "Mon client est étranger aux faits qui lui sont reprochés", déclare son avocat Me Jacques Hoarau. "Il conteste avoir été complice. Nous attendons de ce procès son acquittement".

Du côté des Remtoula, les yeux rougis et les mouchoirs témoignent de la souffrance de la famille. "Nous voulons que justice soit faite, que l’on soit enfin entendus", s’écrie Anita Remtoula. Traits tirés, yeux cernés, la jeune femme semble au bord de l’épuisement. Elle a d’ailleurs fait un malaise mercredi en pleine audience. "C’est très difficile pour eux", confie Me Rémi Boniface, avocat de la famille. "Depuis neuf ans, ils ne parviennent pas à faire leur deuil".

Et l’affaire est loin d’être terminée. Jean-François Crozet crée un nouveau rebondissement en plaidant non coupable. Interrogé par la présidente, qui cherche une explication à ce revirement, l’ancien pompiste répète : "Je n’ai jamais participé à cette tuerie". Prostré, la tête baissée, les bras croisés, il paraît préoccupé et verse même quelques larmes lorsqu’il évoque ses enfants qu’il n’a pas vus depuis son transfert à Paris, il y a quatorze mois. Où se trouve la vérité ? Verdict le 19 novembre.

Ecoutez la réaction de Me Rémi Boniface, avocat de la famille Remtoula, sur les tensions au sein du procès.

 

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