Un grand-père condamné pour avoir forcé sa petite-fille à visionner des films porno

Noémie*, 14 ans, avait été surprise par sa mère Aurélie* en train de visionner des films pornographiques et d'envoyer des photos d'elle dénudée à des garçons. Alertée par ce comportement, la mère avait fait suivre sa fille par un psychologue. C'est dans ce contexte que l'adolescente avait révélé les détails de sa relation avec son grand-père entre ses 8 et 10 ans.
Selon ses dires, Gérard S. venait régulièrement lui rendre visite dans sa chambre. Il s'emparait de l'ordinateur et entrait des mots clés sur internet qui correspondaient à des films porno. Les scènes qu'il faisait visionner à la fillette en plein écran étaient toujours les mêmes : une femme étendue sur un lit en train de se donner du plaisir et un homme debout à côté en train de faire la même chose. Le prévenu disait alors à se petite-fille "qu'elle pouvait faire pareil" et lui apprenait à se masturber.
Par ailleurs, le grand-père incestueux lui touchait souvent le sexe, jouait avec le sien devant elle, et lui faisait des massages tout en en profitant pour lui faire subir des attouchements auxquels, vu son jeune âge, elle ne comprenait rien. Devant ses révélations, la mère de la petite victime avait porté plainte en 2021 pour sa fille mais aussi pour elle. Car entre 9 et 25 ans, cette dernière aurait également subi les agressions sexuelles de son père adoptif.
La fille de sang et l'autre
À la barre, le prévenu avait réfuté tous ces faits évoquant une vengeance dans le cadre d'un partage de terrain. Une version soutenue par son conseil, Me Georges-André Hoarau, mettant en exergue le conflit intérieur de la plaignante, une aînée furieuse d'avoir été supplantée quand elle avait deux ans par sa soeur, "la fille de sang".
Concernant les 3000 vidéos porno, dont certaines incestueuses, retrouvées sur l'ordinateur de son client, la vie extra-conjugale "intense" avec des escort-girls et leurs échanges "très crus" par message, la robe noire avait rappelé avec la force qui le caractérise qu'il s'agissait de vie privée, fustigeant "la moralisation" faite à son client.
Prenant en compte l'ensemble de ces éléments, la Cour, après en avoir délibéré, a suivi les réquisitions du parquet général qui avait requis 4 ans de prison ferme et une incarcération. Gérard S. a été menotté dans la salle d'audience et conduit directement en prison sous les yeux de sa famille éplorée. Son nom est désormais inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.
*Prénoms d'emprunt


