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Déjà condamné pour meurtre, il bat sa compagne et repart en prison

Un homme de 45 ans comparaissait pour des faits de violences sur conjoint ce lundi devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis. Si les faits sont reconnus par le prévenu, ils n'en sont pas moins graves pour autant. De plus, la personnalité du prévenu interroge et inquiète les magistrats.
Ecrit par Régis Labrousse – le mardi 28 mars 2023 à 10H11

René J., 48 ans, a commis des violences sur sa compagne dans la nuit du 23 au 24 février dernier dans la commune de Saint-Benoit. Lorsque les gendarmes arrivent, le couple est alcoolisé. Ils ont passé la soirée avec des amis et après leur départ, une dispute a éclaté. "Elle s'énerve et me jette une chaise parce qu'elle a bu. Ça fait trois nuits qu'elle m'empêche de dormir, me menace et m'insulte. Elle casse tout quand elle boit ou quand elle n'a pas à boire. J'en ai eu marre, je lui ai mis deux coups de poing mais je ne me suis pas acharné sur elle. Elle me tapait sur le système", explique le prévenu au tribunal tout en indiquant qu'il ne se connaissent que depuis trois semaines. 

La victime porte les stigmates des violents coups portés au visage. Elle est blessée à la lèvre et au visage, elle n'est pas présente à l'audience.

Le quadragénaire est reconnu porteur de troubles schizophrènes. Le tribunal note sur ce point une inquiétude certaine. En effet, il n'a que 2 mentions à son casier mais une émane de la cour d'assises pour meurtre sur personne vulnérable et non respect de l'intégrité d'un cadavre. Son discernement avait été retenu en 2016 par les jurés qui l'avaient condamné à une peine de 10 ans de réclusion criminelle. Il est sorti de prison en 2021 avec un suivi socio-judiciaire qu'il respecte. 

"Son profil interroge plus que les faits", insiste le parquet. "La victime a énormément saigné du nez et a deux blessures au visage. Il a déjà écopé d'une peine importante et il est déjà devant vous. Il a toujours une consommation d'alcool et de drogue alors qu'il est sous suivi socio-judiciaire. Il n'a pas de prise de conscience", fustige la procureure qui requiert une peine d'un an de prison avec maintien en détention. 

"Il est vrai que l'alcool et la violence sont omniprésents dans sa vie depuis son enfance", répond la défense. "Une altération du discernement a été reconnue par la cour d'assises en 2016 et il est toujours suivi à ce jour. Vous devez tenir compte de sa maladie. La victime est alcoolique et violente quand elle boit. De son côté, il reconnaît les faits. Je vous demande de faire preuve de clémence et de prononcer un aménagement de peine", plaide la robe noire. 

Le tribunal, tenant compte des arguments de la défense, prononce une peine de 10 mois de prison et maintient le prévenu en détention pour effectuer sa peine. 

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