Les plaisanciers veillent au port de Saint-Gilles


"J'ai donné plus de mou aux cordages arrières, mais je préfère rester dans le coin en attendant les éventuelles répliques", précise, inquiet, Christophe Binet, co-propriétaire de Seawitch.
Le plaisancier avoue avoir été prévenu dans la nuit par son associé qui veillait, lui, sur une autre de leur embarcation amarrée dans le port de Sainte-Marie.
En 2005, quelques mois après le tsunami du 26 décembre 2004, les plaisanciers avaient reçu un message sur leurs téléphones portables, "mais il ne s'agissait que d'un exercice", rigole un propriétaire voisin. Celui-ci regrette qu'il n'y ait pas eu de remontées sérieuses d'informations auprès de la centaine de propriétaires du port depuis la nuit dernière.
Quelques éraflures et un taquet arraché
A une dizaine de mètres du Seawitch, Marc Lagadec, "un vrai breton" comme il se plaît à le rappeler, reste sur ses gardes. Ce matin, en arrivant, il n'a pu que constater que l'un des taquets (ndlr : élément métallique permettant de bloquer un cordage) de son bateau de pêche au gros avait été brisé par le marnage de la nuit. L'arrière de l'embarcation est, en outre, quelque peu éraflée après avoir battu contre le ponton.
En 2004, lors de l'épisode du tsunami qui avait atteint, déjà, les ports de l'île, Marc Lagadec avait perdu son "Abalone". La perte de ce précédent bateau de pêche lui reste en travers de la gorge : "Bien que classé en catastrophe naturelle en 2005, j'ai dû tout débourser de ma poche. Je n'ai reçu aucun soutien, ni de la CCIR, ni des Affaires maritimes qui a même réussi à égarer mon dossier" dit-il amer. Son dossier "reconstitué" sera finalement refusé en 2007... trois ans après la perte de son bateau.
Actuellement, de nombreux propriétaires guettent l'entrée de la jetée du port. Des remous inhabituels y sont constatés. Dans le port lui-même, l'eau, à plusieurs reprises, a dépassé les pontons de quelques centimètres, chose également inhabituelle.
Mais les propriétaires continuent de craindre le phénomène de marnage qui provoquerait des gisants (flux) et des jusants (reflux) engendrant à coup sûr des contacts entre les bateaux amarrés.


