Une victime, un coup de couteau et pas de coupable

L'homme de 59 ans a un profil atypique. Il est fortement handicapé par deux prothèses aux genoux et vit reclus chez lui. Il ne sort qu'une fois par semaine avec son fils pour aller faire des courses. Il reconnait également avoir un problème avec l'alcool. Les enquêteurs retrouveront trois couteaux chez le prévenu mais aucune trace d'ADN de la victime n'a été retrouvée dessus. Pour autant, le quinquagénaire reconnait un différent avec la victime sur fond d'un lecteur de DVD qu'il lui a prêté et qu'il n'a jamais été rendu.
"Je n'ai rien dit sur le moment car j'étais sous le choc"
À la barre, le prévenu confirme sa version selon laquelle il ne se souvient de rien. La victime affirme également que c'est le prévenu qui l'a agressée au couteau : "Je n'ai rien dit sur le moment car j'étais sous le choc. Je l'ai dit à ma mère quelques jours après car j'avais peur de lui". De son côté, la victime reconnait avoir été fortement alcoolisée le soir des faits, fêtant la victoire de son équipe au foot. Il ajoute ensuite, au sujet du prévenu : "Quand il boit, il est mauvais".
"Nous avons deux versions différentes, il est important de connaître la vérité. De ne pas dire tout de suite qu'il n'a pas vu son agresseur, ne veut pas dire qu'il ne l'a pas vu", indique la partie civile. "Ce dossier est finalement assez complexe", rétorque le parquet. "La victime ne dénonce pas son agresseur, reçoit un coup de couteau et part en courant. Il n'y a pas de traces de sang, et rien au détecteur de sang. Les faits sont graves mais il n'y a aucune preuve qu'il s'agit bien du prévenu. Je vous demande la relaxe", requiert le procureur.
"Il a toujours clamé qu'il ne se souvenait de rien, qu'il ne sait pas ce qu'il s'est passé. Quand il boit avec les médicaments qu'il prend, il ne se souvient de rien. Il a toujours été constant dans ses déclarations", plaide la défense qui demande la relaxe de son client. Considérant qu'il y a un doute, le tribunal fait droit aux réquisitions du parquet ainsi qu'à la défense en relaxant le prévenu. La partie civile est déboutée de sa demande de reconnaissance de l'état de victime de son client.


