Croyant à un rendez-vous galant, il est attiré dans un guet-apens et lâchement agressé

En amont de ce rendez-vous galant - pour la victime seulement - les quatre comparses mettent en place un scénario : le majeur, Devon D., attire l'homme dans un coin sombre tandis que les trois mineurs surgissent et font semblant d'agresser leur dalon pour le détrousser ainsi que la personne qui l'accompagne. En théorie, ça fonctionne. Sauf que le soir des faits, le jeune homme ne se laisse pas faire et va même défendre Devon D.
Muni d'un club de golf. un des mineurs assène alors un violent coup à la tête du jeune homme qui tombe à terre et se fait ensuite tabasser. Les agresseurs lui volent ses clés, ses moyens de paiement et sa voiture.
La victime souffre d'une fracture du crâne
Devon D, voyant que ça ne se passe pas comme prévu, détale tandis que les mineurs fuient avec la voiture volée. La victime souffre d'une fracture du crâne ainsi que de nombreuses contusions. Il est désormais atteint d'un stress post-traumatique, dune hyper vigilance, d'un repli sur lui-même et de troubles du sommeil qu'il l'on conduit à se mettre à fumer. Une plainte est déposée. La persévérance des enquêteurs et un renseignement anonyme mèneront à l'interpellation de ce gang de bras cassés à la main leste. Dès la garde à vue, les mineurs reconnaissent les faits et indiquent que c'est Devon D. qui est à l'origine de tout ça, même si ce n'est pas lui qui a frappé.
Lors de la garde à vue, il ne trouve rien de mieux à faire que menacer un de ses comparses en le traitant de "poukave", lui promettant de s'occuper de lui dehors. "Je n'ai fait que dire la vérité, c'est toi qui n'assume pas ta part", lui répond son dalon. Resté silencieux durant ses auditions, Devon D. finit par reconnaitre les faits lors de la confrontation. "Je ne parle pas tant qu'il n'y a pas de confrontation, comme ça j'entends la version des autres", explique-t-il au tribunal.
"Tout était prévu même le club de golf"
S'il reconnait les faits à minima, les mineurs sont formels en garde à vue : "Tout était prévu, même le club de golf. C'est Devon qui nous a dit ce qu'on devait faire". Le comportement à la barre du prévenu laisse dubitatif. Il répond froidement avec une pointe d'insolence, se dédouanant sur les trois mineurs dès qu'il le peut. Pas une excuse, pas une once de remords de sa part. Le parquet en reste pantois.
"Je suis persuadé du caractère homophone de cette agression", fustige le procureur. "Ils l'ont choisi car c'est un homosexuel, c'est une évidence, c'est un véritable guet-apens. Il se fait passer pour un homo, le fait venir dans un endroit sombre et monte un véritable stratagème pour le voler. Ils l'ont choisi en pensant : si c'est un homo, il ne sait pas se défendre, il ne sait pas se battre. Ces préjugés sont inacceptables et l'histoire nous a montré que ça pouvait finir très mal comme avec le gang des barbares. Imaginez ce que ça représente psychologiquement pour la victime d'être ciblée comme ça, d'avoir une étiquette. C'est une honte absolue. Imaginez la force déployée pour engendrer ce type de blessures", poursuit le magistrat.
"Après, ils le laissent par terre comme un chien sur le bord de la route"
"Ils l'ont massacré, et c'était prémédité. Après, ils le laissent par terre comme un chien sur le bord de la route et s'enfuient. Je suis consterné car, en plus, il ne se sent pas concerné par ce qui se passe. Il n'y a pas une excuse, pas un remord et comme il vous le dit aujourd'hui, il se demande ce qu'il fait là. Ces faits sont d'une gravité hallucinante. S'il sort ce soir, il recommence", tance le procureur qui requiert une peine de 5 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire et le maintien en détention.
"Je doute du caractère homophobe de cette agression", répond la défense. "Ce site est connu de la délinquance pour pouvoir "chater" sans être répertorié. Il n'y a rien dans les déclarations des mineurs sur le caractère homophobe. C'est la particularité du site qui les a conduit à l'utiliser. Les faits sont extrêmement graves mais ce passage à tabac n'était pas prévu. Ils devaient faire semblant mais la victime a eu une réaction qui les a surpris.
"Les mineurs ne sont pas des enfants de choeur"
Mon client a quitté les lieux rapidement avant d'être rattrapé en voiture pas les mineurs. C'est son premier passage à l'acte pour ce type de faits. De plus, les mineurs ne sont pas des enfants de choeur, ils sont bien connus de la justice. Je vous demande une peine mixte, il travaille, il a reconnu les faits", plaide la robe noire.
Bien connu de la justice également mais en tant que mineur, le prévenu se souviendra de son passage devant le tribunal des adultes pour sa première participation. Il est condamné à 4 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire avec maintien en détention et la révocation d'un sursis précédant de 3 mois. S'il n'a que deux mentions à son casier, il est aussi convoqué devant le tribunal en septembre prochain pour des faits de violences antérieurs.


