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Les douanes interceptent deux colis avec plus de 4 kilos de cannabis

Un homme de 32 ans comparaissait pour des faits de trafic de stupéfiants par voie de colis postaux. Au total, il lui est reproché d'avoir importé 4,2 kg de résine de cannabis repartis en deux envois en juillet et en août 2022.
Ecrit par Régis Labrousse – le jeudi 1 juin 2023 à 10H00

Wilfrid A. était jugé ce mercredi dans le cadre d'une comparution à délai différé en raison de l 'attente du retour des analyses des taux de THC contenu dans la résine de cannabis trouvée dans les colis. Dès le début de l'audience, l'avocate de la défense a déposé une multitude d'exceptions de nullité, estimant que le dossier était entaché d'erreurs de procédures. Après les explications du parquet qui demande le rejet de la demande, la présidente décide de joindre la demande au fond après une heure de débats. 

Toute cette affaire part d'une dénonciation des douanes à la police judiciaire. Nous sommes en juillet 2022 dans un quartier de Saint-Denis, quand les douanes interceptent un colis avec 2 kg de résine de cannabis.  Le procédé est simple : faux nom au départ de Marseille et idem à l'arrivée. Ensuite, la factrice du quartier est harcelée et subit de fortes pressions par des jeunes qui veulent intercepter les colis avant qu'ils soient livrés. "Avec l'autre facteur, il n'y a jamais eu de problème", lui répètent-ils. Elle expliquera plus tard avoir livré deux colis de même type, en plus des deux interceptés.

Il a été mis à pied par La Poste pour avoir volé des colis

Les douanes interceptent un autre colis avec 2,3 kg de résine au mois d'août 2022. Une enquête est ouverte par le parquet suite à ces découvertes. Après investigations, il s'avère que l'ancien facteur du quartier est un ami d'enfance du prévenu, il aurait facilité la récupération de colis, selon les enquêteurs. Il a été mis à pied par La Poste pour avoir volé des colis. De nombreuses investigations sont alors mises en place : écoutes téléphoniques, filatures, épluchage des comptes du prévenu. C'est un numéro de téléphone prépayé qui a appelé la factrice qui met la police sur les traces de Wilfrid A. qui tient un Barber Shop. Tout se met en place alors que les écoutes mettent en lumière des transactions de cannabis et de cocaïne. 

Wilfrid A., qui est le principal suspect, est finalement interpellé chez lui à 6 heures un matin d'avril 2023. Il tente maladroitement de s'enfuir et jette 4 pochons avec quelques grammes de cocaïne par la fenêtre. Les stupéfiants sont récupérés et lui avec. Il est ensuite placé en garde à vue et testé positif au cannabis mais pas à la cocaïne. Au final, il est seul devant le tribunal alors que les autres suspects sont convoqués plus tard devant la justice ou mis hors de cause, ce qui agace profondément la défense du prévenu.

À la barre, le prévenu, sur les conseils de son avocate, fait usage de son droit au silence et ne prononcera pas un mot sur les faits qui lui sont reprochés. S'Il n'a pas de casier, il a écopé de 8 mois de prison avec sursis simple pour des faits de consommation de stupéfiants.  

"Les colis représentent plus de 80.000€ de marchandise à la revente"

Comme l'indique le parquet, "tout part d'une dénonciation des douanes suite à la découverte d'un colis de résine de cannabis", avant de poursuivre : "Dans les écoutes, ça parle clairement de revente, c'est en fait une activité principale, il n'est pas souvent au Barber Shop. Il vend ça dans son quartier où l'on peut noter une démocratisation de la cocaïne et des stupéfiants en général. Ses explications en garde à vue ne sont pas crédibles. Les colis représentent plus de 80.000€ de marchandise à la revente. Il y a assez d'éléments pour le condamner. Je vous demande une peine de 3 ans, la révocation des 8 mois de sursis et le maintien en détention", requiert la procureure. 

Ayant conseillé le silence à son client suite au refus du tribunal de délibérer immédiatement sur les exceptions de nullité qu'elle a déposées, la défense répond fermement : "Vous parlez de trafic de stupéfiants mais pourquoi il est seul devant vous, il faut ouvrir les yeux. Il n'a rien à voir avec un vrai trafiquant, il utilise le mot 'coke' dans ses messages, c'est dire à quel point il est nul. Ce sont tous des consommateurs qui se dépannent. Il n'y a pas la moindre preuve d'envoi d'argent en métropole. Vous croyez qu'on va lui envoyer une telle quantité sans l'avoir payée ! II déclare toute son activité au Barber Shop et paie même des impôts. Une chose est certaine, ce n'est pas lui qui est à l'origine de ces envois. Il n'y a rien dans ce dossier. Il reconnait de la consommation et du dépannage, pas plus !". 

Après 1h30 de délibération, le tribunal fait droit à une exception de nullité de la défense et relaxe le prévenu sur le premier colis intercepté en juillet en raison du processus de pesée déclaré non recevable par le tribunal. Le prévenu est déclaré coupable pour le surplus et condamné à la peine de 2 ans de prison dont 6 mois de sursis probatoire, ses 8 mois de sursis simples sont révoqués. Il est maintenu en détention. 

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