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Un sans-abri condamné pour avoir dégradé l'église de Saint-Philippe

Un sans-abri de Saint-Philippe a été condamné pour avoir dégradé à deux reprises l'église de la commune cette année. Bien qu'il nie catégoriquement les faits, des traces de sang retrouvées sur les lieux l'ont incriminé.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le jeudi 1 juin 2023 à 10H44

Depuis près de trois ans, Henri*, un sans-abri, dort sous le préau de l'église de Saint-Philippe. Le 11 février dernier, les paroissiens ont découvert d'importantes dégradations dans le lieu de culte. La porte latérale du bâtiment a été endommagée, une croix a été arrachée, la chapelle de la grotte a été détériorée et des néons au plafond ont été cassés.

C'est précisément sur l'un de ces néons qu'une trace de sang a été découverte. Le soir même, Henri est interrogé par les gendarmes, mais il affirme n'avoir rien vu. Les militaires remarquent qu'il porte un bandage à la main et décident de le considérer comme suspect dans l'enquête. Les analyses confirmeront ultérieurement qu'il s'agissait bien de son sang.

Cependant, avant que les résultats n'arrivent, de nouvelles dégradations ont été constatées le 4 avril. Cette fois, un témoin affirme avoir vu Henri frapper une poubelle ce soir-là. Il a été arrêté et placé en détention en raison d'une peine de sursis précédente qui pesait sur lui.

"Je me sens agressé"

Face aux juges, Henri affirme ne pas être responsable des dégradations. "Il y a beaucoup de passage, ce n'est pas moi", affirme-t-il. Concernant les traces de son sang retrouvées sur un néon, il affirme ne pas avoir d'explication. Il explique la blessure sur le dos de sa main comme étant due à "une manière particulière de faire des pompes".

Pourtant, son casier judiciaire ne plaide pas en sa faveur. Il a déjà été condamné pour avoir dégradé l'école de Basse-Vallée. Il affirme ne pas se souvenir de cela et la juge doit lui rappeler qu'elle était présente lors de ce procès. "Je me sens agressé", lâche-t-il lors de la lecture de son passé judiciaire.

Lors de ses procès précédents, une expertise psychiatrique avait été réalisée. L'expert n'avait relevé aucun trouble psychique, mais soupçonnait un délire mystique qu'il n'avait pas pu prouver.

"Il entrave la tranquillité des lieux"

Pour la représentante du ministère public, "le faisceau d'indices démontre que personne d'autre n'a pu commettre ces actes. Les différents témoignages concordent sur son comportement autour de l'église depuis longtemps. Il entrave la tranquillité des lieux. Même les cours de catéchisme sont perturbés. Certains paroissiens ont peur de lui." Elle requiert donc une peine de 10 mois de prison, dont 4 assortis d'un sursis probatoire.

Me Marina Beaumont, avocate de la défense, affirme que son client n'a pas commis les faits. "C'est l'endroit où il vit. Il n'a aucune raison de le détruire. Aucun témoin ne l'a vu, je demande donc sa relaxe." La défense remet également en doute l'expertise psychiatrique, assurant que son client est bel et bien atteint d'un trouble psychiatrique et qu'il pourrait présenter une abolition du discernement. "Il n'est pas dangereux pour la société. Sa place n'est pas en prison, mais il a besoin de soins."

Finalement, le tribunal le reconnaît coupable et suit les réquisitions. Il lui est également interdit de se rendre à l'église de Saint-Philippe. Il devra indemniser l'association diocésaine de La Réunion à hauteur de 1461 euros pour les dommages et 500 euros pour les frais d'avocat.

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