Il s'acharne sur sa compagne et sous-entend la légitime défense

Alors qu'ils reviennent d'une communion , ils se disputent dans la voiture sur fond de jalousie de madame selon le prévenu. Elle lui porte une gifle, il arrête la voiture pour discuter et elle lui remet un coup de poing, toujours selon lui. Il reconnait alors lui avoir mis un coup derrière la tête "pour la calmer". Sauf que des femmes sont présentes dans leur voiture et ont le réflexe de prévenir les gendarmes et filmer la scène. Il est tellement violent qu'elles ont peur d'intervenir, confient-elles aux gendarmes. "Je l'ai giflée, pas frappée comme un homme", se justifie le bourreau.
Les témoins décrivent un acharnement du prévenu
La version des témoins est tout autre et, fort heureusement, confortée par le certificat médical. Le document fait la bagatelle d'une page et demi décrivant des contusions, des ecchymoses violacées et une fracture pour une ITT de 21 jours. "Il y en a tellement que je me demande si c'est la peine de les lire", indique le président parcourant le certificat. Les témoins décrivent un acharnement du prévenu. Ils expliquent que la femme est à terre et prend des coups de pieds au sol, qu'elle se relève pour fuir et reprend ensuite des coups de poing au visage, qu'il lui frappe alors la tête contre la voiture puis l'arrose au sol avec de l'eau. La vidéo corrobore également leurs dires.
"Je lui ai mis une gifle pour la calmer, pour l'empêcher de me faire du mal. Je vais rester tout seul, tranquille. Tout ça arrive parce que je l'ai prise en pitié parce qu'elle avait des problèmes", justifie le prévenu faisant remarquer qu'ils étaient ivre comme pour se dédouaner. "Vous êtes là parce que vous l'avez frappée", le recadre sèchement le président qui note l'absence de plainte de la victime. "Il y a des violences au moins à trois reprises. Un déchaînement de coups de pied, de poing et de préférence au visage comme le montre la vidéo", fustige le parquet.
"C'est d'une rare violence, elle s'est vue mourir"
"Les faits ne font pas débat alors qu'il sous-entend de la légitime défense. C'est d'une rare violence, elle s'est vue mourir", fustige le parquet qui requiert une peine de 3 ans de prison dont 6 mois de sursis et un mandat de dépôt. "C'est l'exemple même d'un couple toxique", répond la défense. "Ils se tapent l'un et l'autre mais rien ne justifie qu'il ait pu rendre des coups avec une telle intensité sur cette pauvre victime. Il reconnait timidement, mais il reconnait", plaide la robe noire.
Le prévenu est finalement condamné à la peine de 2 ans de prison assortis d'un mandat de dépôt. Il lui est fait interdiction de contact et de paraitre au domicile de la victime qui n'est pas venue se constituer partie civile à l'audience.


