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Vivre le diabète de type 1 au quotidien

La découverte d’un diabète impacte la qualité de vie du patient au quotidien. C’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit d’un diabète de type 1 découvert chez un enfant.<br /><br />Contrôle de la glycémie, injection d’insuline, surveillance de tous les instants, la survenue d’un diabète chez l’enfant touche l’organisation de toute la famille. Pour venir en aide aux familles, l'association ADJ 974 porte depuis 2020 une cellule d’accompagnement psychosocial. <br /><br />Cette semaine elle accueille Samir Thévenot, ancien rugbyman et diabétique de type 1 qui a créé des patchs pour les capteurs de glycémie et ainsi faciliter la vie des diabétiques.
Ecrit par Marine Abat – le mardi 25 avril 2023 à 14H31

Le communiqué de l'association :

En 2020, à la Réunion, parmi les 83 400 personnes qui doivent faire avec le diabète dans leur quotidien, 5 à 10% d’entre eux sont touchés par le diabète de type 1.

Le diabète de type 1 est une maladie chronique qui survient lorsque le pancréas ne produit plus d'insuline, cette dernière étant l’hormone régulatrice de la glycémie. Il s’agit d’une maladie auto-immune, qui peut survenir dès le plus jeune âge comme chez l’adulte. Le diabète de type 1 ne se guérit pas mais se soigne avec les multiples injections d’insuline. Le patient devra faire avec cette maladie toute sa vie.

Pour soutenir les familles, l’association ADJ 974 a mis en place depuis 2020, avec le soutien de ses partenaires, la “Cellule Nou lé la”, un dispositif d’accompagnement psychosocial à domicile. Cet accompagnement, complémentaire de la prise en charge médicale, permet aux familles d’échanger avec des patients partenaires (des patients qui connaissent bien la maladie et qui sont en capacité d’accompagner d’autres patients). Avec eux, ils évoquent les difficultés quotidiennes rencontrées avec la maladie : les nuits sans sommeil pour contrôler la glycémie de leur enfant, les allers retours à l’école lorsqu’il y a une hypoglycémie (baisse du taux de sucre dans le sang), les discriminations…

Assurer le suivi du diabète de leur enfant demande aux parents de devenir de véritables acteurs de la santé du jeune diabétique. Cela leur demande également de nombreuses compétences dignes parfois de celles d’un professionnel de santé : contrôle de la glycémie, injection et adaptation des doses d’insuline, changement de cathéter, comptage des glucides… et ces compétences ne sont malheureusement pas à la portée de tous.

Ce suivi représente aussi pour les familles un investissement sans relâche, 24 heures sur 24, ce qui génère pour les parents une charge mentale énorme et conduit bien souvent à un épuisement psychologique et physique. L’arrivée des nouvelles technologies dans le suivi du diabète améliore considérablement la vie des familles touchées par le diabète, mais elles entraînent aussi de nouvelles problématiques : les capteurs de glycémie, ou les pompes à insuline sont fixées à la peau grâce à des tissus autocollants qui se décollent en cas de transpiration importante… ce qui peut arriver très souvent lors des fortes chaleurs alors que ces dispositifs doivent rester en place 14 jours et ne peuvent pas être replacés une fois enlevés. Ces colles peuvent également provoquer des allergies cutanées qui dégradent encore la qualité de vie de ces enfants diabétiques. Heureusement, maintenant, des solutions comme celle proposée par Samir Thévenot, existent et elles répondent au mieux aux besoins des patients puisqu’elles ont été créées par des patients eux-mêmes, Samyr Thévenot étant lui aussi diabétique de type 1 !

SPORTIF, CHEF D’ENTREPRISE…ET DIABETIQUE

Faciliter le quotidien et la pratique sportive des personnes diabétiques : telle est l’ambition de Samir THEVENOT avec les patchs développés par son entreprise, Capteur Protect. Rien ne prédestinait Samir Thevenot à se lancer dans le développement de dispositifs médicaux pour diabétiques. Après des études de commerce, ce rugbyman accompli, jurassien d’origine, s’installe dans la Drôme en 2009. Mais quelques années plus tard, Samir est diagnostiqué diabétique : il doit alors apprendre à conjuguer pratique sportive et surveillance constante de son diabète, avec un capteur qu’il porte au bras et qui mesure en temps réel sa glycémie. Problème : ce capteur a tendance à se détacher avec la transpiration ou à s’arracher lors des rudes entraînements de rugby.

Samir a alors l’idée toute simple de « bricoler » un premier patch pour protéger et maintenir le capteur qu’il porte. Son endocrinologue remarque l’ingéniosité du procédé. Il n’en fallait pas davantage pour convaincre notre sportif de se lancer et de créer son entreprise, Capteur Protect.

Deux ans de recherche et développement et deux brevets plus tard, il commercialisait sa première gamme de patchs. « Toute l’originalité du produit tient dans une colle sans allergènes, qui respecte la peau, tout en tenant sans problème 14 jours (durée de vie du capteur), nous indique le jeune chef d’entreprise. Une véritable réponse pour les milliers d’utilisateurs de capteurs de glycémie et pompes à insuline qui peuvent désormais faire du sport ou aller à la piscine sans souci. »

En seulement deux ans, la petite startup péageoise passe de 2 à 14 salariés. En 2023, elle produit quelque 700 000 boîtes de patchs, commercialisées dans les pharmacies de l’Europe entière. Et ce n’est qu’un début : place désormais à un véritable process industriel pour répondre au marché nord- américain ! Sourire aux lèvres, Samir se dit fier de son produit : « plus qu’une solution d’aide au maintien du capteur, c’est aussi pour les plus jeunes, une aide à l’acceptation, en permettant plus facilement de le dissimuler. » Source : Bourg de Péage Magazine

L’association ADJ 974

Créée en mars 2017, l’Association des Diabétiques Juniors (ADJ) 974 vise à rassembler et soutenir les familles réunionnaises touchées par le diabète de type 1. Le diabète de type 1, maladie auto-immune, impacte de façon conséquente et durable la vie quotidienne de centaines de familles réunionnaises. Contrairement au diabète de type 2, il n’est pas lié au mode de vie et peut se déclarer dès le plus jeune âge. A la Réunion, cette maladie est peu connue et entraîne de grandes difficultés au sein des familles. L’association compte à ce jour plus de 150 familles adhérentes et propose chaque mois des actions de regroupement (ateliers cuisine, journée sportive, conférence,...) afin d’échanger sur les difficultés rencontrées et les solutions mises en œuvre par les familles. L’Association des Diabétiques Juniors 974 apporte son soutien aux familles et défend leurs droits à une meilleure information et à de meilleurs traitements. 

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