Vidéo - Violences faites aux femmes : L'UFR demande aux autorités de se baser sur le modèle espagnol

Malgré les dispositifs mis en place ces dernières années (Téléphone Grave Danger, portail de signalement en ligne à destination des victimes, renforcement de la présence des intervenants sociaux dans les commissariats et gendarmeries, formation des professionnels concernés, etc.), ce fléau reste encore très présents dans nos sociétés. Pourtant, lors du précédent quinquennat, un Grenelle sur les violences conjugales avait été conduit par l'ancienne secrétaire d'Etat Marlène Schiappa. Pas suffisant pour l'UFR. "De ce cet évènement, je retiens ce qu'a déclaré l'ex-procureur de Douai, Luc Frémiot, qui n'était pas passé par quatre chemins : il avait estimé que la secrétaire d’État était, je cite, 'complètement à côté de la question' avec son Grenelle. Pour lui qui est devenu un spécialiste dans la lutte contre les violences conjugales, l’heure n’est pas à la 'grande réflexion culturelle'. Il estime qu’il faut d’abord prendre en compte les plaintes", poursuit Huguette Bello.
Depuis l'adoption de cette loi en Espagne, le nombre de féminicides a chuté de plus de 25% en l'espace de 18 ans. Un chiffre pour se rendre compte du travail accompli par nos voisins espagnols : en 2020, plus de 25.000 ordonnances de protection pour éloigner les agresseurs de leur victime ont été délivrées en Espagne, contre 3.000 en France sur la même période. Si l’Hexagone s’est inspiré de l’Espagne pour mettre en place la surveillance électronique, un long chemin reste encore à parcourir : quelques centaines de bracelets anti-rapprochement étaient distribués en 2021, contre cent fois plus en Espagne où des tribunaux dit "de garde" ont également été mis en place pour traiter des urgences dans des cas de violences conjugales. Pour avoir les moyens de ses ambitions en matière de lutte contre ces violences, Madrid met plus d'1 milliard d'euros sur la table tous les ans. Sans commune mesure avec les moyens alloués par les autorités françaises, qui ne consacrent que 57 millions d'euros chaque année dans un ministère dédié à cette question...
"Vous croyez que la France, ce pays de 68 millions d'habitants, n'en a pas les moyens ? On ne veut pas payer, c'est surtout ça", peste la présidente de l'UFR. Elle ajoute : "En France, on ne consacre que 57 millions d'euros dans un secrétariat d'État dédié. Vous croyez qu'on peut réellement lutter contre les violences faites aux femmes avec un tel montant ? C'est l'honneur d'un gouvernement de lutter contre ces violences mais à part ça, qu'est-ce qu'on veut faire, reculer comme aux Etats-Unis ?"


