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Meurtre d'Erminah au Gol : Détention provisoire reconduite pour son meurtrier présumé et des questions en suspens

De nouveau devant les magistrats de la chambre de l'instruction ce mardi, Jean-Roland G., accusé du meurtre de la mère de son enfant, clame son innocence et supplie les juges de trouver le coupable. Car selon lui les éléments qui l'incriminent sont infondés à l'image des deux traces ADN retrouvées sur le corps de la victime et qui ne sont pas les siennes.
Ecrit par Isabelle Serre – le jeudi 10 novembre 2022 à 10H03

Après avoir été placé sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention de Saint-Pierre, Jean-Roland Gonthier a été réincarcéré en juillet dernier à la demande du parquet général. Ce mardi, l'exploitant agricole accusé d'avoir tué Erminah Bodilahy et d'avoir transporté son corps dans l'Etang du Gol tentait à nouveau de convaincre les magistrats de la chambre de l'instruction de son innocence.

Selon le mis en cause, les éléments le désignant comme le meurtrier présumé sont discutables. Un à un, ils ont été détaillés par ses avocats qui se posent légitimement des questions sur les preuves de la culpabilité de leur client. La veille de son décès et selon les éléments de l'enquête, Erminah Bodilahy aurait eu une relation tarifée puis une altercation à l'endroit où son corps avait été retrouvée le 12 février 2021. Selon les robes noires, la jeune femme de 28 ans y fréquentait des hommes violents. Deux traces ADN auraient été retrouvées sur un de ses sous-vêtements. Pas celle de Jean-Roland Gonthier.

Erminah fréquentait des hommes violents

Celui-ci est soupçonné d'avoir passé la journée du 12 février 2021 avec la victime. Leur téléphone respectif auraient borné plusieurs fois dans les environs du Tampon et la Chaloupe-Saint-Leu. Là encore, les robes noires ne tirent pas les mêmes conclusions que les enquêteurs. "Il s'agit d'une mauvaise interprétation technique. Les investigations étaient dans l'impasse depuis cinq mois. Cette piste a bien arrangé l'enquête et les charges ont ensuite été construites autour de ça", a développé Me Nicolas Dyall. 

Jean-Roland G. est également soupçonné d'avoir utilisé un de ses véhicules pour transporter le corps puis de s'être débarrassé du fourgon. Ses conseils n'ont pas la même lecture de cet élément "à charge". Aucune trace de violence n'a été retrouvée dans le véhicule qu'un voisin avait spontanément proposé de racheter à son propriétaire qui le conservait sur son terrain agricole et s'en servait peu. Quant aux images dudit fourgon dans la nuit du meurtre à l'Etang du Gol, les avocats du sexagénaire estiment que les images des caméras situées dans le secteur sont trop floues pour que l'on puisse en tirer de quelconques conclusions au sein de l'enquête.

Un bornage téléphonique qui ne prouve rien

Enfin, l'ancienne compagne du mis en cause aurait témoigné avoir été violée en 2017 à l'endroit même ou Erminah a été retrouvée. Ce témoin-clé aurait aussi raconté avoir subi des violences, ce que la défense balaye d'un revers de main, arguant "d'une vengeance d'une femme trompée".

Malgré tous ces éléments, les magistrats de la cour ont décidé de rejeter la demande de remise en liberté de Jean-Roland G. De nouveaux actes d'enquête sont actuellement réalisés à sa demande sous la houlette de la juge d'instruction saint-pierroise en charge du dossier.

 

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